Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a minimisé mercredi les chances de parvenir à un accord sur le nucléaire à Lausanne, en estimant que la présence de ses homologues des grandes puissances ne devrait pas être nécessaire.

«Je pense que leur présence ne devrait pas être nécessaire pour cette séance, car tous les ministres des Affaires étrangères des parties en négociations devraient venir lorsque des solutions auront été trouvées et que nous nous approcherons d'un accord», a-t-il dit, cité par le site Internet de la télévision d'Etat. «Ils pourraient venir mais je ne pense pas que ce soit nécessaire», a-t-il répété, en évoquant la venue possible en Suisse des chef de diplomatie des pays du groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France, et Allemagne).

Du 50/50, pour les Etats-Unis

Au troisième jour de ses discussions bilatérales avec son homologue américain John Kerry, Zarif a estimé qu'il y avait «des divergences et nous tentons de les réduire» d'ici jeudi soir avec les directeurs politiques des pays du 5+1 qui devaient arriver à Lausanne ce mercredi. «Nous devons trouver des solutions, a-t-il expliqué. La question d'un accord vient quand nous avons mis sur le papier ces solutions, et pour les écrire nous avons plus besoin des experts que des ministres.»

Le diplomate a assuré que les deux parties en étaient arrivées «aux menus détails des négociations et les détails ont toujours besoin de plus de travail». Les Etats-Unis ont évalué mardi à 50/50 les chances de sceller un accord politique avec l'Iran sur son programme nucléaire controversé, les deux gouvernements étant lancés dans une course contre la montre.

La République islamique et les grandes puissances du groupe 5+1 se sont donné jusqu'au 31 mars pour aboutir à un règlement dit «politique», puis finaliser d'ici le 1er juillet les détails techniques d'un accord garantissant que l'Iran n'aura jamais la bombe atomique, en échange d'une levée des sanctions internationales qui frappent l'économie iranienne.