Alexis Tsipras, leader de Syriza, à sa sortie du bureau de vote, à Athènes, le 25 janvier 2015.
Alexis Tsipras, leader de Syriza, à sa sortie du bureau de vote, à Athènes, le 25 janvier 2015. - LOUISA GOULIAMAKI / AFP

Syriza, le parti de gauche radicale anti-austérité, devance de plus de huit points le parti de droite au pouvoir, selon un décompte officiel. Après le dépouillement de 99% des bulletins, Syriza obtenait 36,3% des voix, soit 8,5 points de plus que la Nouvelle Démocratie du Premier ministre conservateur, Antonis Samaras.

C'est un peu moins que ce qu'annonçaient plus tôt des sondages sortie des urnes, qui prédisaient un écart de 8,5 à 16,5 points. Selon les instituts, le parti d'Alexis Tsipras obtenait en effet entre 35,5% et 39,5%, tandis que Nouvelle Démocratie du Premier ministre Antonis Samaras était crédité de 23 à 27%. Alexis Tsipras, 40 ans, devient en tout cas le plus jeune Premier ministre du pays depuis 150 ans. La victoire, annoncée vers 18h30, a été saluée par une explosion de joie au kiosque de Syriza, en plein centre d'Athènes.

A l'étranger, le président français François Hollande a été parmi les premiers à féliciter Alexis Tsipras, lui faisant part de «sa volonté de poursuivre l'étroite coopération entre nos deux pays, au service de la croissance et de la stabilité de la zone euro, dans l'esprit de progrès, de solidarité et de responsabilité qui est au coeur des valeurs européennes que nous partageons». Le Premier ministre britannique David Cameron s'est en revanche ouvertement inquiété, sur son compte Twitter, d'une élection grecque qui «accroîtra l'incertitude économique en Europe».

Une troisième place disputée

Le porte-parole de la gauche radicale grecque Syriza, Panos Skourletis, a estimé dimanche que le résultat des législatives «semble être une victoire historique» pour son parti et un «message pour l'Europe». «Cela semble être une victoire historique» et c'est «un message qui n'affecte pas seulement les Grecs mais qui résonne dans toute l'Europe et apporte un soulagement», a déclaré Skourletis. Le Premier ministre sortant, Antonis Samaras, a lui reconnu sa défaite auprès de Tsipras.

Avec 149 sièges sur les 300 du Parlement grec, Syriza devrait rater de peu la majorité absolue de 151 sièges, une situation qui devrait l'obliger à trouver des soutiens à l'avenir. Les deux partis avec lesquels une alliance est possible sont très différents : les pro-européens de centre gauche du Potami («La Rivière») et les Grecs indépendants, nationalistes. Tous deux ont d'ores et déjà prévenu qu'ils refuseraient de participer à un gouvernement dont l'autre fait partie.

La chute du Pasok

La troisième place devrait se jouer entre le nouveau parti de centre gauche Potami et le parti neo-nazi Aube Dorée, dont sept des seize députés actuels sont en prison. Tous deux sont au coude à coude, crédités de 6 à 8% des voix dans les sondages sortie des urnes. Avantage pour le moment à Aube dorée, qui récoltent 6,3% des suffrages, selon le décompte officiel provisoire.

Le parti socialiste Pasok, pilier de la vie politique grecque durant quarante ans, pourrait essuyer une défaite historique avec un score estimé entre 4 et 6%, a priori au-dessus du seuil des 3% permettant d'obtenir des sièges au parlement.

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