Le groupe italien rejoint ainsi le britannique Marks and Spencer, qui fait travailler une soixantaine d'usines textiles au Bangladesh, et deux autres géants de l'habillement, l'espagnol Inditex (qui possède notamment Zara) et le suédois H (Hennes et Mauritz) ou encore le groupe C.
Le groupe italien rejoint ainsi le britannique Marks and Spencer, qui fait travailler une soixantaine d'usines textiles au Bangladesh, et deux autres géants de l'habillement, l'espagnol Inditex (qui possède notamment Zara) et le suédois H (Hennes et Mauritz) ou encore le groupe C. - Olivier Morin AFP

Sweatshop – Deadly Fashion fait le tour des réseaux sociaux. Diffusé sur le site du journal Aftenposten, le web-documentaire norvégien suit trois jeunes accros du shopping. Trois blogueurs mode, Anniken Jorgensen, Frida Ottesen et Ludvig Hambro, qui ont vécu pendant un mois dans les mêmes conditions que les milliers d’employés qui fabriquent les vêtements de grandes marques comme H&M ou encore Mango, à Phnom Penh, au Cambodge.

Fustigé par Anniken, qui dénonce les conditions de travail de ces ouvriers exploités, H&M a publié, apprend-on, ce jeudi, dans l'Express, un communiqué pour faire part de sa version des faits. Et selon le géant du prêt-à-porter suédois «aucune des usines visitées lors de ce programme ne produit de vêtements pour H&M».

Mode éthique et meilleur salaire

H&M y assure même défendre une mode éthique. «H&M est présent au Cambodge depuis plus de dix ans. C'est l'un de nos pays d'approvisionnement clés. Notre engagement y est fort», insiste la marque, avant de détailler son engagement, depuis 2005, dans le programme Better Factories Cambodia program de l'Organisation Internationale du Travail (OIT), qui vise à améliorer les conditions de travail dans l'industrie du textile au Cambodge.

«À l'automne 2013, Karl-Johan Persson, PDG de H&M, a rencontré le Premier ministre du gouvernement cambodgien et invité celui-ci à procéder à un examen annuel du salaire minimum, en tenant compte de l'inflation nationale et du consommateur», poursuit la marque suédoise, qui soumettrait ses fournisseurs à une surveillance régulière à travers d'audits, dont 130 ont été menés, en 2013, dans les usines cambodgiennes, et veillerait, à travers sa stratégie Fair Living Waves, à ce que soient «versés des salaires décents» aux ouvriers.

En croisade contre les géants du prêt-à-porter

Diffusée en avril dernier, la web-série a marqué les trois jeunes blogueurs, dont les larmes ont fait le tour du monde. Anniken et Frida ont même depuis cherché à rencontrer les responsables de cette exploitation d’une main-d’œuvre sous-payée, critiquant, en marge, la position d'Aftenposten, qui refusait de diffuser les conditions de travail dans les usines produisant pour H&M. 

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Pointant du doigt les dirigeants du mastodonte suédois, maintes fois bousculés auparavant, les deux jeunes filles mènent toujours une croisade visant à améliorer la situation des ouvriers. En mai 2014, Frida avait, d'ailleurs, partagé un post sur son compte Instagram dénonçant la marge réalisée par les géants du prêt-à-porter.

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