RECIT - Retour sur la fusillade la plus meurtrière qu'ait connu les Etats-Unis...
Près de trente morts, plusieurs dizaines de blessés… La tragédie qui a ensanglanté le
campus de Virginia Tech a duré plusieurs heures. Récit reconstitué avec les témoignages recueillis par les télévisions américaines, les agences de presse, et les journaux locaux et les sites web.
Il est un peu plus de 7h (heure locale) quand un tireur s’infiltre sur le campus de Virginia Tech, à Blacksburg, en Virginie (est des Etats-Unis). Il arrive au dortoir West Ambler Johnston Hall et commence à tirer sur les élèves. L’alerte est donnée à 7h15.
Deux heures plus tard, d’autres tirs retentissent dans l’immeuble Norris Hall, dédié aux études d’ingénierie et de mécanique. Très vite, la panique s’empare des élèves témoins de scènes d’une grande violence. Mais le campus est vaste. Certains étudiants, déjà en cours, ne perçoivent pas le danger.
Scènes d’horreur et de chaos
Arrivée en classe à 9h30, Kristyn Heiser et ses camarades ont d’abord aperçu six officiers de police courir devant les fenêtres, l’arme au poing. Matt Waldron, lui, n’a pas entendu les tirs car il écoutait de la musique. Il ne s’est rendu compte du drame que lorsqu’il a vu des officiers se cacher derrière des arbres, l’arme à la main, faisant signe aux étudiants de sortir. Trop tard, certaines des victimes ont été tuées dans leur salle de cours.
«Beaucoup d’étudiants se sont alors mis à courir dans tous les sens, comme des fous tandis que la police essayait de les calmer et de garder la situation sous contrôle. (…)
Il y avait un chaos massif dans le dortoir», raconte Amie Steele, la rédactrice en chef du journal du campus.
«L’autre fille est restée allongée sur le sol»
Deux étudiants auraient même sauté par la fenêtre pour fuir les tirs. «C’était très effrayant, ajoute Matt Waldron. Le garçon s’est cassé la cheville, mais l’autre fille est restée allongée au sol.»
Sous la neige, la confusion semble maximum. Le campus ferme toutes ses entrées. Via le haut-parleur habituellement utilisé pour prévenir des intempéries, l'université a demandé aux étudiants de s'enfermer et de s'éloigner des fenêtres. L'évacuation progressive de tout le campus est organisée. Enseignants et employés sont priés de rentrer chez eux. Un hôtel en bordure du campus est aménagé pour accueillir et informer les familles des étudiants, et plusieurs cellules de soutien psychologique ont été mises en place.
Pendant plusieurs heures, les informations sur le nombre de tireurs sont contradictoires. Finalement, le tireur fou, qui aurait agi seul, est abattu par la police, selon le New York Times.
«L’université a été frappée d’une tragédie monumentale aujourd’hui,
déclare son président, Charles W. Steger. L’université est choquée et horrifiée que cela puisse survenir sur notre campus. (…) La mort de 22 personnes a été confirmée. Nous contacterons les familles des victimes dès que leur identité sera connue.» L'université rouvrira ses portes mardi à 8h
Sa. C. avec J.H.