Le torchon brûle entre la Turquie et le Kurdistan irakien

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Publié le 16 avril 2007.

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«La main de la Turquie peut être lourde, il ne faut jamais la tester». La mise en garde ne peut être plus claire: les autorités turques n’apprécient pas du tout que le président du Kurdistan irakien puisse évoquer d’intervenir de l’autre côté de la frontière aux côtés des Kurdes de Turquie.

L’échange de menaces constitue un nouveau casse-tête pour Washington dans une région où ils en ont déjà beaucoup.

Dirigeants turcs et Kurdes irakiens ont en effet en commun d’être des alliés des Etats-Unis: la Turquie est un membre de l’Otan et le Kurdistan irakien est la seule région de l’Irak où les troupes américaines demeurent les bienvenues.

Mais Ankara, aux prises depuis plus de 20 ans à une guérilla kurde, redoute par-dessus tout que l’autonomie de plus en plus grande du Kurdistan irakien à sa frontière serve de très mauvais exemple aux quelques 14 millions de Kurdes que compte la Turquie.

D’autant plus que les Kurdes d’Irak ont le vent en poupe: ils sont en passe de prendre le contrôle de Kirkuk, la métropole régionale historique que Saddam Hussein avait arabisée en procédant à des transferts massifs de population.

Dans cette agglomération, les habitants établis sous le régime du parti Baas sont maintenant incités, plus ou moins brutalement, à repartir d’où ils sont venus et les Kurdes à revenir. Quant aux autres minorités, notamment Turkmènes; elles se trouvent, elles aussi, poussées dehors.

Les autorités d’Ankara redoutent elles d’abord que Kirkuk devienne la capitale d’un Kurdistan irakien, ressemblant ainsi de plus en plus à un Etat indépendant.

D’autant plus que cet état aurait les moyens de sa politique: la région de Kirkouk commande quelques-uns des principaux gisements de pétrole de l’Irak.

Le Premier ministre turc, Tayyip Erdogan, a suggéré l’ouverture de contacts avec Massoud Barzani le dirigeant du Kurdistan irakien. Mais la hiérarchie militaire turque s’y est opposée et a renforcé ses forces dans la zone frontalière.

Barzani, lui, a clamé que si la Turquie intervenait à Kirkouk au nom de quelques milliers de Turkmènes, il interviendrait en Turquie au nom des millions de Kurdes qui y vivent.

Peut-être la provocation de trop.
©www.geopolitique.com/be pour 20 minutes
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