Mahomet en couverture de Charlie Hebdo, «un acte de guerre», selon le prêcheur radical Anjem Choudary

MONDE Plusieurs voix de l'islam condamnent la nouvelle caricature...

P.B. avec AFP

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Le prêcheur radical Anjem Choudary, à Londres, en 2012.

Le prêcheur radical Anjem Choudary, à Londres, en 2012. — L.NEAL / AFP

Pour le dessinateur Luz, Mahomet en couverture du numéro spécial de Charlie Hebdo, qui paraît ce mercredi, est «avant tout un bonhomme qui pleure». Mais le prêcheur radical Anjem Choudary, installé au Royaume-Uni, y voit «un acte de guerre». Et il avertit, «il y aura des répercussions».

«Ridiculiser» le prophète de l'islam est un acte «extrêmement sérieux», explique-t-il au Telegraph. Selon lui, si les dessinateurs étaient jugés selon la charia (loi islamique), ils seraient condamnés à mort. «Ce n'est pas juste un dessin. C'est insultant, ridicule et provocateur», poursuit-il. «Il y aura des répercussions. Quelqu'un va prendre la loi dans ses mains et riposter. C'est inévitable.», conclut ce prêcheur radical, qui avait été arrêté dans une enquête antiterroriste en septembre dernier avant d'être libéré.

«Attiser la haine»

Choudary n'est pas la seule voix à dénoncer la couverture. Al-Azhar, l'une des plus prestigieuses institutions de l'islam sunnite basée en Egypte, a estimé mardi que le dessin allait «attiser la haine». «Elle ne sert pas la coexistence pacifique entre les peuples et entrave l'intégration des musulmans dans les sociétés européennes et occidentales», indique le groupe dans un communiqué. L'institution dit «condamner la violence et refuser le terrorisme» mais estime également que cette «provocation ne sert pas les intérêts communs des peuples».

Plus tôt mardi, l'instance représentant l'islam auprès des autorités égyptiennes, Dar al-Ifta, avait «mis en garde» contre la publication de ces dessins, y voyant également «une provocation injustifiée pour les sentiments de 1,5 milliard de musulmans à travers le monde».

«Nous dénonçons la violence»

Ibrahim Negm, le conseiller du Mufti de la république –qui dirige Dar al-Ifta– a indiqué à l'AFP que son institution condamnait l'attaque ayant visé le journal. «Nous appelons tous les musulmans à ne pas participer à des violences», a-t-il affirmé. «Nous dénonçons la violence et respectons la liberté d'opinion. Mais l'autre partie doit comprendre que nous aimons le prophète Mahomet», a-t-il ajouté.

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