ISLAMISME - L'inquiétude est vive après que l'interprète afghan d'un journaliste italien a été égorgé...
Crainte en Afghanistan. C’est aujourd’hui que les talibans doivent décider du sort des deux travailleurs humanitaires français et leurs trois guides afghans détenus depuis une semaine dans le sud du pays. Les ravisseurs avaient en effet déclaré qu'ils feraient connaître leur décision concernant les deux volontaires français de l'ONG
Terre d'enfance, après avoir «réglé le cas» d'Adjmal Naqshbandi, l'interprète afghan de l'ex-otage italien
Daniele Mastrogiacomo. Lequel interprète a été décapité dimanche dans la province d'Helmand, 24 heures avant l'expiration de l'ultimatum, en raison du refus des autorités de négocier un échange de prisonniers.
Vives réactions à travers le monde
Cette exécution a suscité des réactions outrées, de Washington à Rome, en passant bien sûr par Kaboul. Plusieurs journaux afghans dénonçaient lundi ce meurtre «barbare» et envisageaient de boycotter toute information donnée par les talibans. «Le gouvernement m'a oublié», titrait en Une le quotidien «Arman e Milli» (L'idéal national) avec une photo de Naqshbandi. «Les talibans ont libéré un infidèle italien mais ont tué un compatriote», s'indignait ce quotidien privé.
Au gouvernement, plusieurs responsables interrogés ne cachaient pas leur embarras et leurs craintes pour les deux Français, un homme et une femme, enlevés le 3 avril dans la province de Nimroz et transférés, selon les autorités locales, dans celle voisine d'
Helmand, place forte des insurgés.
Un Afghan tué pour faire pression sur les Français ?
«Le gouvernement a accepté de libérer des prisonniers talibans pour sauver l'Italien après l'exécution de son chauffeur. Les talibans ont tué Naqshbandi pour nous contraindre à accepter leurs demandes pour les Français», a déclaré un responsable afghan sous couvert de l'anonymat.
Le président afghan, Hamid Karzai, a d'ores et déjà assuré la semaine dernière qu'il n'y aurait plus d'échange de prisonniers après les critiques adressées par Washington et Londres à la suite de la libération de l'Italien.