Et si le réchauffement de la planète avait des conséquences sur les questions de sécurité des Etats du Nord ? Alors que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) remet aujourd'hui la deuxième partie de son rapport, la question aurait déjà interpellé nombre d'états-majors.Pourquoi ? Il est probable que, du fait d'un réchauffement de la Terre de 1,8 °C à 4 °C d'ici à 2100, 1,1 à 3,2 milliards de personnes souffrent, d'ici aux quatre-vingts prochaines années, du manque d'eau. Les côtes, elles, seront touchées par des inondations. Dans l'hémisphère nord, en revanche, les conséquences pourraient être positives sur l'agriculture si le réchauffement n'excède pas 2 °C. La fracture entre Nord et Sud risque donc de s'accroître.Une perspective qui pousse les analystes militaires américains à s'orienter vers un concept de « sécurité soutenable ». C'est-à-dire prendre en compte les facteurs de déstabilisation liés au réchauffement - épidémies, catastrophes météo, etc. - qui nécessiteront des opérations militaires. Repérer les nouveaux points de tension. Enfin, faire face aux migrations que les aléas climatiques risquent de provoquer.Pour Guillaume Dasquié, spécialiste des questions de défense, les déplacements de population liés au réchauffement préoccuperait particulièrement l'armée française. Qui a aussi tout intérêt à développer une « éco-conception de l'armement », selon Eric Lucas, haut fonctionnaire au développement durable de la Défense, afin de réduire son impact sur l'environnement.