VIDEO. Attaque d'une école Peshawar: Retour sur le bain de sang qui endeuille le Pakistan

TERRORISME Quelque 141 personnes, dont une large majorité d'enfants et d'adolescents, sont mortes dans l’attaque de six rebelles talibans...

Bérénice Dubuc

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Pakistani parents escort their children outside a school attacked by the Taliban in Peshawar, Pakistan, Tuesday, Dec. 16, 2014. Taliban gunmen stormed a military-run school in the northwestern Pakistani city of Peshawar on Tuesday, killing and wounding scores, officials said, in the highest-profile militant attack to hit the troubled region in months. (AP Photo/B.K. Bangash)/BKB102/761309588222/1412161334

Pakistani parents escort their children outside a school attacked by the Taliban in Peshawar, Pakistan, Tuesday, Dec. 16, 2014. Taliban gunmen stormed a military-run school in the northwestern Pakistani city of Peshawar on Tuesday, killing and wounding scores, officials said, in the highest-profile militant attack to hit the troubled region in months. (AP Photo/B.K. Bangash)/BKB102/761309588222/1412161334 — B.K. Bangash/AP/SIPA

La pire attaque terroriste qu’a jamais connue le Pakistan. 132 enfants et 9 employés d’une école fréquentée par des enfants de militaires ont été tués ce mardi dans l’attaque d’un commando taliban à Peshawar, principale ville du nord-ouest du Pakistan. 124 personnes, dont 121 enfants, ont également été blessées dans l'assaut.

L’attaque -immédiatement revendiquée par le Mouvement des taliban du Pakistan (TTP), contre qui l'armée mène depuis juin une offensive d'ampleur dans plusieurs zones tribales- est survenue vers 10h30 locales (6h30 à Paris). Un commando de six rebelles taliban vêtus d'uniformes militaires et parlant arabe selon des témoins, a réussi à pénétrer dans l’école, bien gardée, en passant par la porte de derrière. Ils sont ensuite allés de classe en classe.

«J'ai vu la mort de si près»

Un survivant, Shahrukh Khan, 16 ans, a raconté depuis son lit d'hôpital à l’AFP, encore horrifié, que les terroristes avaient ouvert le feu, avant de chercher les survivants cachés sous les bancs pour les exécuter. Le jeune homme, couché au sol en faisant semblant d'être mort, a vu des bottes noires se rapprocher de lui, un taliban traquant les étudiants. «Mon corps tremblait, j'ai vu la mort de si près, je n'oublierai jamais ces grosses bottes noires, c'était comme si c'était la mort elle-même qui me traquait.»

L'armée est rapidement intervenue sur place, bouclant la zone et traquant les assaillants pendant près de sept heures dans les quatre blocs qui composent l’établissement. Les assaillants auraient alors utilisé des otages comme boucliers humains, et quatre d'entre eux auraient déclenché leurs vestes bardées d'explosifs.

Offensive de l'armée

Le porte-parole de l'armée, le général Asim Bajwa, a précisé lors d'une conférence de presse qu’en plus de ces «vestes suicide», les terroristes avaient «des munitions et de la nourriture pour plusieurs jours». Tous ont finalement été tués.

En réponse à cette attaque, unanimement condamnée par la communauté internationale, l’armée pakistanaise a mené plusieurs raids contre des positions des talibans dans la province du Khyber, le Premier ministre Nawaz Sharif soulignant que cette «tragédie nationale», à la suite de laquelle trois jours de deuil ont été décrétés, n’empêcherait pas la poursuite de l'offensive Zarb-e-Azab ni n’étoufferait la détermination de l'armée à vaincre le terrorisme.