Illustration d'un enfant.
Illustration d'un enfant. - Superstock / Sipa

Qui sont les enfants transgenres? La question aurait pu faire l’objet d’une thèse de philosophie sur l’identité, mais c’est un rapport plus prosaïque qui vient d’atterrir sur un bureau du Conseil de l’Europe, selon le site Slate, qui en dévoile quelques extraits ce jeudi avant sa publication prochaine. Dirigé par le psychiatre et psychothérapeute Erik Schneider, il fournit des chiffres et des informations précieuses pour la compréhension de ce phénomène, appelé transidentité, dont les médias se font de plus en plus l’écho. De quoi s'agit-il? Eléments de réponse.

Comment définir la transidentité chez l'enfant?

D’ordinaire, la transidentité, aussi appelée transsexualisme ou transsexualité, se définit comme le fait chez un individu d’avoir une identité de genre, ou identité sexuelle, non conforme à son sexe de naissance. Le rapport se montre plus précis, mais aussi plus nuancé. Erik Schneider distingue ainsi les enfants trans’ qui s’identifient clairement au sexe opposé de ceux qui ont une identité de genre plus fluide et qui se sentent «appartenir alternativement à l’un, à l’autre, aux deux [sexes]». Il utilise également la notion d’«autoperception» pour désigner le processus par lequel ces enfants se construisent une nouvelle identité, et prend garde à ne pas utiliser avec eux des concepts «d’adultes» qui leur sont étrangers.

Comment la transidentité se manifeste-t-elle dans l’enfance?

Il n’y a pas d’âge pour exprimer son identité transgenre, explique le rapport, confirmant ce que constatent les équipes médicales de plus en plus. Aux Etats-Unis, relatait en mai 2014 le Huffington Post américain, un enfant né petite fille a par exemple exprimé viscéralement sa masculinité dès l’âge de 5 ans. Selon Erik Schneider, des comportements peuvent alerter les parents: le fait pour un garçon de chaparder des vêtements féminins, l’insistance à se faire appeler par un prénom différent, ou la préférence répétée pour les marqueurs sociaux habituellement réservés au sexe opposé. Pour autant, avertit le médecin dans le rapport, ces signes peuvent être trompeurs, compte tenu notamment de la facilité avec laquelle certains enfants peuvent exprimer un «genre fluide». Le phénomène des pink boys, ces petits garçons qui aiment s’habiller en filles, est par exemple bien connu aux Etats-Unis. Selon des études citées par le New York Times, ils seraient 2 à 7% parmi les enfants de moins de 12 ans, et seuls 60 à 80% d’entre eux deviendraient gays au fil des années.

Combien d'enfants seraient transgenres?

L’estimation est évidemment très compliquée à faire. Le rapport estime la proportion d’enfants trans’ à un environ un pour 500 personnes. Ce qui ferait un total de 132.000 Français et 1,5 million d'Européens. Parmi eux, tous ne sont pas visibles, ne serait-ce que parce que les parents ne connaissent pas tous cette réalité et n’ont pas forcément envie de mettre un mot sur cette réalité. En termes de compréhension du sujet, l’Europe accuse par ailleurs un retard par rapport aux Etats-Unis, où une clinique pionnière a ouvert à Chicago pour prendre en charge les enfants dès 3 ans. Le Luxembourg a toutefois publié un rapport en 2012 sur la question, tandis qu’aux Pays-Bas, un hôpital d’Amsterdam propose des hormones aux enfants dès l’âge de 12 ans. Une pratique interdite en France.

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