REVUE DE PRESSE – Les journaux britanniques analysent les raisons de la crise autour des quinze marins…
Plutôt pessimiste sur l’issue de la crise, la presse britannique tente de démêler les motifs qui ont conduit à l’enlèvement des quinze marins le vendredi 23 mars et surtout à l’enlisement de cette affaire. Pour le «
Guardian» (à gauche), «la capture de ces quinze marins britanniques est seulement le dernier incident d’une longue histoire trouble entre les deux pays» . «Comme en témoigne notre correspondant à Téhéran, Robert Tait, la plupart des Iraniens voient la Grande-Bretagne, à l’instar des Etats-Unis, comme une ancienne puissance coloniale arrogante qui se mêle toujours de leurs affaires.» Les Britanniques ont en effet occupé l'Iran durant la Seconde guerre mondiale et ont persuadé les Américains de renverser le gouvernement républicain (de Mossadegh) en 1953 pour réinstaller le Shah au pouvoir.
Preuve que l'histoire se répète, selon «
The Independent» (centre-gauche), la troisième lettre de Faye Turney, la seule femme parmi les otages, lui fait dire qu’elle a été «sacrifiée» sur l’autel des politiques de Bush et de Blair. Et le journal de s’interroger au passage sur la légitimité d’envoyer des femmes sur la ligne de front d’un conflit.
«Il ne faut pas se faire d’illusions sur l’efficacité de sanctions»
Selon le
«Times», l’affaire des marins reflète davantage le changement de politique interne en Iran : «le pays a renoué confiance avec les gardiens de la Révolution, le bras armé du régime islamique, dont l’influence est également renforcée à l’étranger. Ou plutôt en Irak. Les récents évènements, en particulier l’accusation faite à l’Iran de financer et d'armer les insurgés dans le sud de l'Irak, sont à l’origine de cet incident diplomatique», souligne le quotidien de centre-droit.
Pour sortir de la crise, «
The Telegraph» (à droite) estime que «pour le moment, des sanctions de plus en plus strictes à l’égard de l’Iran semblent être la seule réponse. Les Etats-Unis y sont résolus. Tout comme la France, pourtant connue comme le pays qui respecte le moins les sanctions.» Le journal voit notamment la menace de serrer la vis à l’Iran sur le plan économique comme une bonne chose. Mais, prévient-il «il ne faut pas se faire d’illusions sur l’efficacité de ce genre d’armes. Saddam Hussein, après tout, a été sous le coup de sanctions pendant des années. Si le peuple a subi de réelles privations, lui et sa classe dirigeante en ont à peine souffert.»
Catherine Fournier