Poutine va-t-il se représenter?

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Publié le 30 mars 2007.

RUSSIE – Il faudrait pour cela qu’il modifie la Constitution…

Il n’est pas rare en Afrique qu’un dirigeant tente de modifier la Constitution pour pouvoir briguer un nouveau mandat. Cela va-t-il se produire également en Russie en 2008?

C’est en tous les cas ce que souhaiterait le président du Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement russe, Sergueï Mironov. «Il faut revoir cette règle selon laquelle une seule et même personne ne peut occuper le poste de président sur plus de deux mandats successifs», a-t-il déclaré devant ses pairs, alors qu'il venait d'être réélu à la tête du Conseil. L’homme, qui préside Russie juste, un parti créé à l'automne 2006 se disant d'opposition de gauche mais loyal au Président, propose également un allongement du mandat de quatre à cinq ou même sept ans.

Des mandats bloqués à deux

Aux termes de la Constitution russe de 1993, Vladimir Poutine ne peut en effet solliciter à nouveau les suffrages de ses concitoyens à la présidentielle prévue le 2 mars 2008. Rien ne lui interdit en revanche de se présenter en 2012.

Le chef du Parti communiste russe, le député Guennadi Ziouganov, a été un des premiers à réagir, critiquant vivement les propositions du chef de la Chambre haute. «Aujourd'hui le chef de notre Etat a déjà plus de pouvoir que le pharaon, le tsar et le secrétaire général (du parti communiste à l'époque soviétique) réunis», a-t-il lancé.

Démenti du Kremlin

Le porte-parole du chef de l'Etat, Dmitri Peskov, a réagi en déclarant que le Président ne voyait «pas de nécessité ni d'utilité de changer la Constitution».

«Poutine comprend très bien que s'il suit l'exemple des dirigeants des républiques d'Asie centrale» tels que Niazov (président turkmène à vie décédé en décembre) sa réputation subira un coup mortel» dans le pays et à l'étranger, estime l'analyste Evgueni Volk de la Heritage Foundation.
    
Une réforme inévitable mais sans Poutine

Nikolaï Petrov du Centre Carnegie de Moscou est «pratiquement sûr que Poutine n'a pas l'intention de rester plus longtemps. Il regarde attentivement qui se montre pressé de le voir quitter le pouvoir». Pour cela «il doit maintenir l'incertitude jusqu'au dernier moment», estime l'analyste.
    
Le politologue Stanislav Belkovski est convaincu que la réforme proposée par Mironov est «inévitable» et qu'elle comportera aussi une réduction des pouvoirs présidentiels en faveur du gouvernement et du Parlement mais ne concernera pas l’actuel Président. «Mironov veut occuper une niche et se présenter comme l'idéologue de cette réforme constitutionnelle» destinée à mieux répartir les rôles entre un «Président garant de la stabilité et de la défense et un gouvernement chargé de la politique socio-économique».
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