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Pour la première fois depuis l’invasion de l’Irak en mars 2003, deux porte-avions américains se trouvent en même temps dans le Golfe Persique où la tension n’a jamais été aussi forte. Avec
l’USS John Stennis et le Dwight Eisenhower, ce sont plus de dix mille hommes, une vingtaine de navires et presque deux cents avions à quelques encablures de l’Iran également en état d’alerte.
Annoncée par janvier dernier par le président Georges W. Bush, l’arrivée d’un second porte-avions dans le Golfe comme l’envoi de 22 .000 soldats supplémentaires en Irak, fait officiellement partie de la nouvelle stratégie américaine pour sortir
du bourbier que l’on connaît.
Mais les porte-avions, les frégates antimissiles et les dragueurs de mines ne montrent pourtant aucune utilité contre les bombes des insurgés et des militants islamiques. Ni les systèmes antimissiles Patriot installés par les Etats-Unis pour protéger leurs alliés arabes dans le Golfe.
Ces mouvements militaires interviennent alors que culmine le processus de pressions diplomatiques et économiques que les Etats-Unis ont de longue date enclenché contre l’Iran, l‘un des pays de «l’axe du mal».
Avec pour objectif de renverser le régime en place à Téhéran considéré comme fauteur de troubles et obstacle à l‘instauration au Moyen-Orient d’un ordre régional qui garantirait les intérêts des Etats-Unis et, notamment,
le contrôle des richesses pétrolières.
En affirmant que l’Iran serait à la veille d’obtenir l’arme nucléaire, Washington est parvenu à mobiliser contre Téhéran la quasi-totalité des pays occidentaux,
dont la France.
L’Iran se retrouve ainsi critiquée et isolée sur le plan diplomatique à un moment ou le président iranien Mahmoud Ahmadinejad se trouve contesté à l’intérieur en raison de ses positions extrêmes. Une conjonction que les partisans à Washington et à Tel Aviv d’une intervention musclée contre l’Iran voudraient bien mettre à profit.
Pour eux, une attaque aérienne suffirait pour détruire l’infrastructure nucléaire iranienne et renverser le régime islamique. Mais les mêmes prédisaient que l’intervention en Irak serait «un pique-nique» et se financerait d’elle-même.
L’arrivée à pied d’œuvre de l’armada américaine coïncide avec la multiplication des accusations et des incidents qui pourraient passer pour des provocations. Que faisaient 15 marins et commandos britanniques dans une zone où la frontière entre l’Irak et l’Iran est difficile à déterminer ?
Le mois dernier, l’amiral Patrick Walsh qui commandait alors la V° Flotte, assurait que Washington voulait « éviter une erreur qui se transformerait en une guerre » avec l’Iran. C’est peut-être devenu difficile.
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