Des militaires camerounais à un poste de contrôle, le 17 juin 2014 à Armchidé
Des militaires camerounais à un poste de contrôle, le 17 juin 2014 à Armchidé - Reinnier Kaze AFP

Huit militaires camerounais et 107 islamistes du groupe islamiste armé nigérian Boko Haram ont été tués lors d'intenses combats dans l'Extrême-Nord Cameroun, près de la frontière avec le Nigeria, a annoncé vendredi le ministère camerounais de la Défense.

Des «combats d'une rare violence» se sont déroulés mercredi et jeudi dans deux localités camerounaises, tuant «huit soldats camerounais» et «107 combattants de la secte» Boko Haram, selon un communiqué lu à la radio d'Etat.

Selon des sources sécuritaires concordantes, les insurgés de Boko Haram ont par ailleurs massacré des dizaines de civils avant d'affronter l'armée camerounaise.

«Mercredi, Boko Haram a contrôlé la ville d'Amchidé durant des heures avant l'intervention de l'armée. Ils ont égorgé beaucoup de civils, une trentaine au moins», a affirmé à l'AFP un officier de police basé dans la région, s'exprimant sous couvert d'anonymat.

«Ils ont par exemple tué le chef de l'agence Express Union (transfert d'argent). Ils ont brûlé l'église catholique, l'église protestante et pratiquement tous les buvettes. Ils voulaient attaqué le camp du BIR (Bataillon d'intervention rapide, unité d'élite de l'armée) avec une voiture piégée, mais les soldats ont anticipé en la détruisant», raconte cette source.

Ces informations ont été confirmées par un agent de sécurité présent à Amchidé lors de l'attaque. «Les Boko Haram ont tué beaucoup de personnes dans la ville. Ils ont égorgé mes voisins. Ils ont tué le responsable d'Express Union et deux agents de sécurité en poste dans cet établissement. Ils ont brûlé les églises et une mosquée. L'armée nous a ensuite demandé de quitter la ville, c'est ce que nous avons fait», a-t-il dit.

Le gouvernement camerounais n'a de son côté fait état que des affrontements entre islamistes et soldats camerounais.

Mercredi «aux environs de 17 heures, des membres de la secte Boko Haram lourdement armés et équipés de véhicules blindés à chenilles et des moyens roulants conséquents ont fait irruption sur notre territoire, simultanément à Amchidé et à Limani», deux localités situées à la frontière nigériane, rapporte le ministère.

«Ils ont été accrochés par nos forces de défense et arrêtés dans leur progression. Des combats d'une rare violence se sont déroulés pendant deux heures», ajoute-t-il.

«Après une trêve, ces combats ont repris» jeudi aux aurores et se sont poursuivis jusqu'en fin de matinée, précise le communiqué.

De même source, «les forces de défense ont contraint les assaillants au repli, les délogeant de leurs positions, tout en les harcelant jusqu'à la frontière».

«Le bilan fait état de huit soldats camerounais tués et de sept blessés. Du côté ennemi, 107 combattants de la secte tués, un char détruit, un pick-up calciné, ainsi qu'un véhicule de marque 504 bourré de munitions et d'explosifs», détaille le ministère.

«Plusieurs armes lourdes et légères ont été récupérées. La situation est redevenue calme et sous le contrôle de nos forces de défense qui veillent efficacement sur tous les points de la frontière», assure-t-il.

Amchidé et Limani sont situées à proximité de la ville nigériane de Banki, tombée il y a quelques semaines aux mains de Boko Haram.

Depuis plusieurs mois, le groupe islamiste armé nigérian Boko Haram a intensifié ses incursions armées au Cameroun voisin, amenant le gouvernement à déployer des renforts militaires humains et matériels --y compris des avions de combat-- dans l'Extrême-Nord du pays.

Le président Paul Biya a promis lundi l'«éradication totale» du groupe islamiste, après la libération de 27 otages chinois et camerounais qui avaient été enlevés en mai et juillet lors d'attaques attribuées à Boko Haram.

Mots-clés :