Firmine Adjate (D) à la sortie d'une émission de radio au Centre de Formation en Radio pour les Enfants du Togo (Cefret), aux côtés d’autres participants aux clubs qui mènent des actions de sensibilisation pour dénoncer les violences de genre en milieu scolaire.
Firmine Adjate (D) à la sortie d'une émission de radio au Centre de Formation en Radio pour les Enfants du Togo (Cefret), aux côtés d’autres participants aux clubs qui mènent des actions de sensibilisation pour dénoncer les violences de genre en milieu scolaire. - Plan International

«Dans certaines parties du monde, les filles courent plus de risque d’être violées que d’apprendre à lire.» La directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, a été claire, mercredi, lors de la conférence-débat sur les violences de genre en milieu scolaire (VGMS) organisée par l'ONG Plan international France et le ministère des Affaires étrangères.

Ce prélude à la troisième journée internationale de la fille, qui a lieu samedi, avait pour objectif de rappeler l’enjeu que représente l’éducation des filles pour le développement humain, et surtout d’exposer les leviers de la lutte contre les VGMS -l’un des trois freins majeurs à l’éducation des filles avec les mariages précoces et les obstacles économiques. Chaque seconde, 11 enfants dans le monde sont victimes de ce type de violences -menaces, châtiments corporels, dénigrement, mais aussi violence physique, harcèlement sexuel, viols, …

«Nous apprenons et nous sensibilisons en même temps»

Firmine Adjate, jeune Togolaise de 16 ans, s’est engagée depuis six ans dans la lutte contre les VGMS, appuyée par l’ONG Plan. «A l’époque, je n’avais pas conscience que les enfants avaient des droits qu’on devait protéger, raconte-t-elle à 20 Minutes. Jusqu’au jour où, à 10 ans, j’ai participé à l’émission radiophonique “Deviwo Be Radio“ (“La radio des enfants“) de Plan.»

La jeune fille s’engage alors dans différents clubs d’enfants du Centre de Formation en Radio pour les Enfants du Togo (Cefret), où elle apprend à prendre la parole en public, à produire émissions radio, reportages et documentaires sur des thèmes relatifs aux droits des enfants et aux violences faites aux enfants, et mène des actions de sensibilisation. «Nous apprenons et nous sensibilisons en même temps. C’est important d’en parler pour que ce type de violences disparaisse.»

Des «petits Malala en herbe»

Firmine a ainsi pu venir en aide à des proches. «Une de mes camarades était harcelée par un professeur, qui lui a un jour demandé de venir chez lui l’aider à faire le ménage. Elle y est allée, mais une fois sur place, elle a compris qu’il avait autre chose en tête. Elle s’est échappée, et elle me l’a raconté, en pleurs. Je lui ai conseillé d’en parler à ses parents. Mais elle avait peur et ne savait pas s’ils allaient la croire. Je lui ai donc proposé d’aller voir son père avec elle. Je lui ai dit que sa fille avait quelque chose à lui dire, et elle a fini par lui en parler.»

«Ce témoignage montre que ces programmes donnent aux enfants une forme d’autonomie, les aide à s’exprimer auprès de leurs parents, des autorités, … quand ils rencontrent ce problème», note Alain Caudrelier-Bénac, directeur de Plan France. Fier de Firmine et de «tous ces petits Malala en herbe», Alain Caudrelier-Bénac a bon espoir de réaliser l’objectif au niveau international de Plan: que d’ici à 2016, 4 millions de filles aient accès à l’éducation. «On est déjà à près de 2 millions. C’est en bonne voie.»

Mots-clés :