Image fournie par le média jihadiste Welayat Raqa, le 30 juin 2014, montrant des jihadistes de l'Etat islamique sur un char dans une rue de Raqa, en Syrie
Image fournie par le média jihadiste Welayat Raqa, le 30 juin 2014, montrant des jihadistes de l'Etat islamique sur un char dans une rue de Raqa, en Syrie - Welayat Raqa

Si Daesh était un Etat et ses revenus un PIB, il se situerait dans le groupe du Lesotho et de Saint-Marin. Avec une fortune d’un à deux milliards de dollars, l’organisation n’a certes pas encore de quoi rivaliser avec ses voisins, mais elle a tout de même accumulé un magot qui fait d’elle le plus riche de tous les groupes terroristes de la planète. 20 Minutes fait le point sur ses sources de revenus.

 

Le pétrole. L’exportation du pétrole syrien est de loin la plus importante source de revenus de Daesh. L’organisation produirait plusieurs dizaines de milliers de barils par jour, revendus ensuite à des intermédiaires. «Même si on peut considérer que personne n’achète le pétrole de Daesh au prix du marché, s’il se vend à ne serait-ce que 20 ou 30% de sa valeur, la somme reste encore énorme», analyse François Heisbourg, président de l'International Institute for Strategic Studies. Le bénéfice tiré de la revente du pétrole serait ainsi d’un à trois millions de dollars par jour.

Les dons étrangers. Le flou règne sur le financement de Daesh par des Etats. En juin, le Premier ministre irakien d’alors accusait l’Arabie saoudite d’avoir favorisé la progression de l’organisation de l’Etat islamique. La Turquie est aussi sur la liste des suspects; les Kurdes lui reprochent d’avoir financé les extrémistes sunnites pour chasser Bachar al-Assad. Mais selon nombre d’experts, ces sources se sont taries. Idem pour les dons individuels, ou presque. Au Qatar et au Koweït, dont le système bancaire est un canal historique des fonds destinés au djihad, la surveillance a été accrue et des arrestations ont eu lieu. Ce qui ne signifie toutefois pas que l’argent a totalement cessé de circuler.

Les pillages. En gagnant du terrain en Irak et en Syrie, Daesh s’est aussi emparé de nombreuses richesses. Le groupe a notamment rempli ses caisses en revendant des antiquités; le seul pillage de la région d’al-Nabuk, en Syrie, aurait ainsi rapporté plus de 36 millions de dollars. «Ses activités de collecte de fonds s’apparentent à celles d’une organisation mafieuse, analyse ainsi une source au sein des renseignements américains citée par AP. Ils sont bien organisés et arrivent à leurs fins par l’intimidation et la violence.» Mais la plus grosse prise de Daesh est celle de la Banque centrale de Mossoul. Le butin amassé là-bas se chiffrerait en millions, voire en centaines de millions de dollars.

L’impôt révolutionnaire. Daesh a mis en place un système de taxes. Les entreprises, les petits commerces et les agriculteurs y sont soumis, mais pas seulement. Les huit millions de personnes qui vivent sous sa coupe doivent aussi apporter leur écot à la constitution de l’Etat islamique. Selon Michel Varton, président de l’ONG Portes ouvertes, les minorités chrétiennes sont mêmes menacées de mort en cas de non-paiement. «Soit les familles se convertissent ou paient une taxe spéciale, soit elles meurent. […]. Aux points de contrôle de Mossoul, l’Etat islamique confisque tous les biens des réfugiés: voitures, alliances, argent…»

Le trafic d’êtres humains. Les enlèvements n’ont pas seulement pour but de terroriser les Occidentaux. Ils peuvent aussi rapporter gros. Si les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont assuré qu’ils ne négociaient pas avec les terroristes, des pays européens auraient bien payé une rançon aux djihadistes, selon diverses sources. Luay al-Khatteeb, chercheur au Brookings Institution’s Doha Center, ajoute à cela le trafic d’esclaves. D’après lui, la vente de femmes et d’enfants kidnappés à des marchands d’esclaves aurait rapporté des millions de dollars à Daesh.

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