Le guide de haute montagne Hervé Gourdel, retenu en otage par un groupe jihadiste en Algérie.
Le guide de haute montagne Hervé Gourdel, retenu en otage par un groupe jihadiste en Algérie. - H.GOURDEL/GOOGLE PLUS

Le Niçois Hervé Gourdel, 55 ans, dont un groupe jihadiste a revendiqué mercredi la décapitation, après son enlèvement en Algérie, était amoureux du Maghreb, «curieux des gens» et mordu d'escalade, des passions qui l'ont conduit dans le parc national du Djurdjura, devenu sanctuaire de groupes islamistes.

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Pancarte sur la route menant au parc national de Djurdjura à quelque 80 kms de Tizi Ouzou

«L'ironie, c'est qu'il a formé pendant des années des guides de montagne au Maroc», expliquait mercredi un proche, Laurent Gény, qui avait fondé une entreprise d'événementiel avec lui. «C'est quelqu'un qui est profondément bon, très humain, qui aime la culture maghrébine», expliquait-il, juste avant la revendication de ses ravisseurs.

Une prédilection pour les itinéraires hors des sentiers battus

Guide de haute montagne chevronné et chaleureux du parc national du Mercantour, Hervé Gourdel connaissait également tout le monde à Saint-Martin-Vésubie, une commune aux portes du parc national du Mercantour, où il avait fondé un bureau des guides en 1987. Cet homme à l'allure sportive, les sourcils broussailleux, les cheveux poivre et sel et le teint buriné, avait une prédilection pour les itinéraires hors des sentiers battus, tout en restant un homme prudent, confiaient mardi des proches, peu après son enlèvement.

«Je le rencontre souvent en montagne et il va toujours dans des endroits méconnus du massif, jamais sur les grands axes où il y a du monde», racontait alors son ami de trente ans, Michel Ingigliardi, un passionné d'observation de traces de loups.

«La montagne fut tout d'abord une passion contractée très jeune puis vite dévorante, expliquait Hervé Gourdel sur son site internet professionnel. Le diplôme de guide m'a permis de gagner ma vie loin des bureaux en grimpant, en skiant, en parcourant des cours d'eau, en parlant de la montagne..., en transmettant un enthousiasme et des connaissances», confiait-il, en énumérant aussi ses voyages au Népal ou en Jordanie.

Un «homme très ouvert, curieux des gens»

Tous évoquaient aussi sa convivialité. A Saint-Martin-Vésubie, son ami Michel se disait séduit par un «homme très ouvert, curieux des gens». «En montagne, il s'arrête pour parler aux promeneurs. Dans le village, tout le monde le connaît. Il n'est pas d'ici mais il s'est parfaitement intégré. «C'était quelqu'un de simple, d'abordable», ajoutait le maire du village Henri Giuge.

 

Passionné de photographie, il exposait sur internet des photos de ses randonnées. «J'ai toujours eu envie de fixer ces paysages si extraordinaires à mes yeux!». «C'est dans l'Atlas marocain que j'ai commencé à évoluer. J'ai eu envie de ramener des images des gens qui y vivent», ajoutait-il. Il conjuguait depuis peu ses deux passions, en organisant des stages de montagne sur le thème de la photo.

«Ambassadeur de la montagne»

«Quelqu'un lui a parlé de l'Algérie au mois de juin, il voulait aller découvrir ce site», racontait le maire, rendant hommage à un véritable «ambassadeur de la montagne». L'endroit qui faisait rêver cet amoureux des falaises, c'est le massif Djurdjura, la plus longue chaîne montagneuse de Kabylie, à 2.000 mètres d'altitude en moyenne. «C'est un massif superbe pour l'escalade rocheuse. Si j'avais eu l'opportunité d'aller y grimper, j'y serais allé également», confiait Lucien Bérenger, un ami guide, contacté dans la commune de montagne de Tende, à la frontière franco-italienne.

C'est dans les montagnes de Kabylie qu'Hervé Gourdel avait été kidnappé.

Sur une page Facebook de soutien au Français enlevé, Hocine, «un montagnard résistant de Kabylie» dressait toutefois mardi une description moins idyllique. «La Kabylie, terre d'hospitalité et savante des valeurs humaines, pays des hommes libres aux hauts monts d'Afrique est souillée par l'islamisme barbare», écrivait-il.

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