Une musulmane participant au mouvement #NotInMyName sur Twitter.
Une musulmane participant au mouvement #NotInMyName sur Twitter. - Twitter #NotInMyName

Journée contre la haine et l'injustice en Allemagne, marche en Norvège, campagne twitter à travers le monde lancée d'Angleterre, et appels en France contre l'organisation Etat islamique : des musulmans en Europe se mobilisent contre les jihadistes en Irak et en Syrie. Effrayés par EI, des musulmans craignent d'être assimilés aux actes commis et la radicalisation de certains de ses membres. La mobilisation est toutefois variable selon les Etats.

En Angleterre, la Fondation Active Change a lancé un hashtag « Pas en mon nom » (#notinmyname) qui encourage les twittos musulmans à faire des messages anti-EI. La campagne est un succès avec des milliers de messages sur twitter venant de toute la planète. En France, « les musulmans condamnent de manière très ferme cet "Etat" qui n'a rien d'islam », affirme Abderrahmane Dahmane, président du Conseil des démocrates musulmans de France, un des initiateurs d'appels lancés récemment contre EI par des responsables religieux, des mosquées et des associations.

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Ras-le-bol de l'islamophobie

Mais il reconnaît que la plus grande communauté musulmane d'Europe est restée « silencieuse dans sa majorité. Pourquoi? Pour une raison très simple: ils en ont ras le bol de l'islamophobie, de la discrimination ». « Si nous sommes arrivés à cette situation c'est à cause de la démission (...) des hiérarques musulmans à travers le monde », analyse Ghaleb Bencheikh, président de la Conférence mondiale des religions pour la paix, soulignant: « Le vocabulaire, les mots de l'islam ont été confisqués par des criminels et des terroristes. Les mots fatwa, djihad, califat... ont été dévoyés. Djihad était un effort dans la voie de Dieu, c'est devenu un synonyme de barbarie ».

Et s'il admet que des jeunes sont « tentés par le djihad » en raison de « facteurs endogènes » à l'islam comme « le manque de formation des imams » ou « de discours surannés », il rappelle que la radicalisation est aussi une « réponse au malaise ou à la crise ».

Actions de prévention

Pour Abdelasiem El Difraoui, auteur de« Al-Qaida par l'image » (Editions PUF), « Le musulman moyen est affolé, effrayé »; EI est « une secte qui n'a plus grand-chose à avoir avec l'islam, cela va à l'encontre de l'orthodoxie sunnite ». Il souligne que la radicalisation est l'oeuvre d'une « infime minorité ».  En Allemagne (4 millions de musulmans, soit 5% de la population), quelques 2.000 mosquées, à Berlin, Hambourg, Munich ou Hanovre, ont participé vendredi à une journée « Musulmans contre la haine et l'injustice », à l'appel de l'une des principales organisations de la communauté.

Parmi les autres mobilisations, quelque 5.000 personnes, selon les organisateurs, ont participé fin août en Norvège à une marche à l'appel de jeunes musulmans derrière lesquelles se sont rangées les principales organisations musulmanes du pays. L'action de prévention est aussi dans les mosquées, selon les imams.

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