Algerian army troops carry out search operations in the mountainous eastern Tizi Ouzou region in a desperate bid to find French hiker Herve Gourdel who was kidnapped by militants linked to the Islamic State group who have threatened to execute him on September 23, 2014 near the village of Ait Ouaban, 80 km south of Tizi Ouzou. Paris vowed it would not negotiate with jihadists, as the local army raced against time to find him before his threatened execution.   AFP PHOTO / FAROUK BATICHE
Algerian army troops carry out search operations in the mountainous eastern Tizi Ouzou region in a desperate bid to find French hiker Herve Gourdel who was kidnapped by militants linked to the Islamic State group who have threatened to execute him on September 23, 2014 near the village of Ait Ouaban, 80 km south of Tizi Ouzou. Paris vowed it would not negotiate with jihadists, as the local army raced against time to find him before his threatened execution. AFP PHOTO / FAROUK BATICHE - AFP

L’organisation djihadiste que les diplomaties occidentales appellent désormais Daesh a encore frappé. Ou presque. Après l’enlèvement d’un Français, Hervé Gourdel, en Algérie, c’est en effet un groupe jusqu’alors méconnu qui a revendiqué le meurtre de l'otage: Jund al-Khilafa.

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Dans un premier temps, son homonymie avec un autre groupe islamiste actif au Kazakhstan et en Afghanistan a provoqué la confusion parmi les journalistes. Trop rapides en besogne, certaines rédactions ont ainsi relié Jund al-Khilafa en Algérie aux djihadistes qui ont, par le passé, attaqué des bases militaires américaines et auraient également revendiqué la tuerie de Toulouse commise par Mohamed Merah. Il n’en est rien.

Un ancien d'Aqmi aux commandes

Si l’orthographe du nom de ce groupe varie (on peut lire aussi Jund al-Khalifa ou Jund al-Khilafah), sa signification fait consensus. Il peut se traduire par «Soldats du califat». Califat, comme celui que Daesh a proclamé en juin en Irak et en Syrie. Car si Jund al-Khilafa ne porte pas le nom de Daesh, il en est tout de même une branche.

Son leader, Gouri Abdelmalek, dit Khaled Abou Souleïmane, qui était le commandant d’Aqmi pour la région centrale et qui a été condamné à mort par contumace en 2008 pour plusieurs attentats, a récemment annoncé qu’il rompait avec Al-Qaida et prêtait allégeance à Daesh. Dans un communiqué diffusé sur des sites Internet djihadistes, Abdelmalek proclamait ainsi la création des «Soldats du califat». Rejoint selon ses dires par un autre commandant d’Aqmi dans l’est de l’Algérie, il adressait un message très clair à Abou Bakr al-Baghadi, le calife de l’Etat islamique: «Vous avez au Maghreb islamique des hommes qui obéiront à vos ordres.»

Il «trouvait probablement qu'Aqmi n'était plus assez actif», analyse Eric Denécé, du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), interrogé par l'AFP. Il existe des «dizaines de groupes de ce type en Algérie, qui font partie de ce que l'on pourrait appeler les scories du Groupe islamique armé (GIA)», ajoute Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité à la DGSE, les renseignements extérieurs français. «Ces groupes survivent en rackettant les paysans du coin», précise-t-il.

Une zone montagneuse

De fait, les mots employés dans la vidéo de revendication de l’enlèvement d’Hervé Gourdel sont en lien direct avec l’ultimatum envoyé lundi par le porte-parole de Daesh, Abou Mohammed al-Adnani, à la France. «Je laisse à Hollande, le président de l'Etat français criminel, le soin d'arrêter les attaques contre l'Etat islamique dans les 24 heures qui suivent la publication de ce communiqué ou son ressortissant Hervé Gourdel sera égorgé», affirme ainsi un des deux hommes masqués et armés de kalachnikovs.

Pour la France et l’armée algérienne, il s’agit désormais de retrouver la trace d’Hervé Gourdel et de ses preneurs d’otages. Une tâche qui s’annonce particulièrement compliquée. Selon la presse algérienne, les hommes de Jund al-Khilafa ont enlevé le Français près du village d’Ait Ouabane, au fond d'une petite vallée. Une zone montagneuse où dix soldats ont trouvé la mort en avril dans une embuscade tendue par un groupe islamiste armé. C’est d’ailleurs après cet événement que l’armée avait tracé plusieurs pistes dans cette zone pour pouvoir circuler dans les forêts.

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