Le drapeau de l'Etat Islamique de l'autre côté d'un pont à Rashad, sur la route entre Kirkouk et Tikrit, en Irak, le 11 septembre 2014
Le drapeau de l'Etat Islamique de l'autre côté d'un pont à Rashad, sur la route entre Kirkouk et Tikrit, en Irak, le 11 septembre 2014 - J.M Lopez AFP

Annoncée lors de la conférence des Ambassadeurs qui s’est tenue à l’Elysée le 28 août, la conférence internationale sur la sécurité et la paix en Irak s’ouvre ce lundi. Sous l’égide de François Hollande, de son homologue irakien Fouad Massoum et en présence du secrétaire d’Etat des Etats-Unis, John Kerry, cette réunion a pour but de tracer les contours de la coalition internationale voulue par Washington, dans la lutte contre l'Etat islamique (EI).

Antoine Basbous, spécialiste du monde arabe, du terrorisme islamiste et président de l'Observatoire des Pays Arabes, fait le point pour 20 Minutes, sur les pistes d’actions envisageables face à l’EI au lendemain de l’exécution d’un otage britannique, David Haines. Le troisième en moins d’un mois.

A travers cette troisième exécution quel message veut faire passer l’EI?

Ils veulent confirmer leur message de terreur pour intimider l’adversaire –Etats-Unis et pays alliés – et aussi s’éviter des combats avec les populations sur place qui préfèrent désormais fuir plutôt que de résister. Avec cette méthode et cette brutalité, ils veulent montrer qu’ils sont prêts à tout et qu’il n’y a pas de négociations envisageables avec eux. Ils ont exécuté un Britannique et menacé un deuxième, alors que la Grande-Bretagne n’est pas officiellement entrée en guerre contre l’Etat islamique. C’est un message adressé aussi à la Turquie, dont ils détiennent 49 ressortissants. Désormais, tout le monde est averti: Les pays tentés par la coalition, que ce soit les pays occidentaux ou arabes, s’exposent à leur barbarie.

La conférence internationale sur la sécurité en Irak s'ouvre ce lundi. Quelles peuvent être alors les pistes envisagées de la part la coalition?

Il va falloir bâtir un projet concret et savoir comment gagner cette guerre et comment stabiliser la région en distribuant les tâches entre les différents acteurs. Il sera important de savoir qui s’engage sur le terrain. Car la guerre contre l’Etat islamique ne peut pas être gagnée sans intervention au sol. Les bombardements aériens américains et alliés ne suffiront jamais, il faut des troupes. Le problème est que personne ne veut y aller.

Si les bombardements ne suffisent pas, mais qu’a contrario il n’y a aucun candidat pour une intervention au sol, quelle peut être la voie à suivre ?

Il faudra véritablement former des combattants issus des zones occupées par Daech (nom arabe de l'Etat islamique en Irak et au Levant), pour avoir des relais qui agissent en coordination avec l’aviation de la coalition, sur le modèle de la coopération entre les Peshmergas kurdes et l’aviation américaine. En tout cas, créer cette force, en s’inspirant du précédent des Sahwats sunnites en Irak qui avaient combattu et vaincu Al-Qaida en 2007, doit être rapidement l’option à envisager. L’Arabie a accepté de former sur son sol et en coordination avec les Etats-Unis des combattants syriens «modérés» pour les verser dans les rangs anti-Assad. Il est désormais impératif de former et de structurer les populations sunnites pour les retourner contre Daech et assurer la victoire.

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