La création d’un Etat doit être abordée dans les discussions sur la fin du conflit dans l’est de l’Ukraine, a déclaré ce dimanche le président russe Vladimir Poutine. C’est la première fois qu’il évoque un tel statut pour les régions où s’affrontent loyalistes et rebelles prorusses.

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Un Etat pour le sud-est de l’Ukraine

«Nous devons commencer immédiatement des discussions substantielles (…) sur des questions touchant à l’organisation politique de la société et la création d’un Etat pour le sud-est de l’Ukraine afin de protéger les intérêts légitimes des personnes qui y vivent», a dit le président Poutine cité par les médias russes.

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La crise ukrainienne qui a provoqué la pire dégradation des relations entre Moscou et l’Occident depuis la fin de la guerre froide a franchi une nouvelle étape la semaine dernière après des informations concordantes sur des incursions de soldats des troupes régulières russes en Ukraine, plus de 1.000 selon l’Otan.

 
Un rebelle pro-russe dans un marché pilonné de Donetsk en Ukraine. - M.Chernov/AP/SIPA

Pour Dominique Colas, professeur à Sciences-Po et spécialiste de la Russie, interrogé ce vendredi par 20 Minutes, Vladimir Poutine «s’est fixé un but nationaliste qui ne date pas d’hier. [...] Il cherche à déstabiliser l’Est de l’Ukraine pour que les autorités centrales soient obligées de reconnaître les droits de ses habitants à choisir entre Moscou et Kiev. [...] Son projet mettra des semaines, des mois, voire des années à se réaliser mais il n’y renoncera pas. Le rattachement serait pour lui l’accomplissement d’un Etat qui montre sa force, sa volonté d’être une grande puissance. Il n’y est pas arrivé économiquement, il veut le faire politiquement.»

Ultimatum européen

Réunis samedi à Bruxelles, les dirigeants de l'Union européenne ont donné une semaine à la Russie pour changer de cap, sous peine de nouvelles sanctions.

Le numéro un du Kremlin a toutefois estimé que les Occidentaux portaient la responsabilité de la crise ukrainienne parce qu'ils avaient soutenu le mouvement de protestation ayant conduit en février au «coup d'Etat» contre le président prorusse Viktor Ianoukovitch sans penser qu'un conflit s'ensuivrait.

«Ils auraient dû savoir que la Russie ne pouvait pas rester à l'écart quand des gens se font tirer dessus presque à bout portant », a dit Vladimir Poutine, précisant parler non «de l'Etat russe, mais du peuple russe.»

Moscou a jusqu'ici toujours démenti avoir envoyé des soldats en Ukraine pour soutenir la rébellion prorusse qui combat les troupes loyalistes dans l'Est depuis plusieurs mois et désormais aussi dans le sud-est du pays.

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