Le journaliste indépendant américain James Foley à l'aéroport de Sirte, en Libye, le 29 septembre 2011
Le journaliste indépendant américain James Foley à l'aéroport de Sirte, en Libye, le 29 septembre 2011 - Aris Messinis AFP

Un fils, un frère, un journaliste une personne extraordinaire. James Foley faisait partie des journalistes américains détenus par les djihadistes ultra-radicaux de l’Etat islamique (EI).

Il est présumé mort depuis la publication ce mardi d’une vidéo mettant en scène sa décapitation. L’authenticité de la vidéo, intitulée «Un message à l’Amérique», n’a pas été confirmé dans l’immédiat par les autorités américaines. D’une durée d’un peu moins de cinq minutes, elle a été tournée dans une zone désertique non identifiable. Mise en ligne sur YouTube, elle en a rapidement été enlevée. On y voit un homme masqué, habillé en noir, qui s’adresse dans un anglais à l’accent britannique à Barack Obama en lui disant que les bombardements américains en Irak ont scellé le sort du journaliste, rasé et habillé en orange. Au moment où il s’attaque à sa victime, l’image devient tout à coup noire. Puis revient pour montrer un cadavre décapité.


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Un premier enlèvement en Libye en 2011

Ce journaliste expérimenté freelance de 40 ans avait été capturé en novembre 2012 dans le nord-est de la Syrie. Il avait notamment couvert le conflit en Libye -où il avait d’ailleurs été enlevé une première fois début 2011 une quarantaine de jours avant d’être libéré- avant de se rendre en Syrie, où il a couvert le soulèvement contre le régime de Bachar Al-Assad pour le journal implanté à Boston, le Global Post, l’AFP et d’autres médias. Selon plusieurs témoignages, James Foley a été enlevé dans près d’Alep le 22 novembre 2012. Ce n’est qu’en janvier 2013 que sa famille jusqu’alors tenue au silence avait décidé de rompre le silence et demander publiquement sa libération.

Voici une vidéo de Foley parlant devant des étudiants en journalisme à Chicago peu après sa première captivité.

Sa vie consacrée à dénoncer la souffrance du peuple syrien

«Il a passé sa vie à tenter de montrer au monde la souffrance du peuple syrien, a déclaré sa mère. Nous remercions Jim pour la joie qu’il nous a donné. C’était un fils, un frère, un journaliste une personne extraordinaire».

«James était un journaliste courageux, indépendant et impartial qui a été enlevé en novembre 2012 alors qu’il couvrait le conflit syrien. Les reportages qu’il a faits pour l’AFP et pour d’autres médias étaient reconnus et admirés par un large public. Rien ne pouvait justifier qu’on prive James de sa liberté ou qu’on le menace de mort. Nos pensées vont à sa famille en cette période douloureuse», a déclaré le PDG de l’AFP, Emmanuel Hoog.

D'autres journalistes amércains toujours détenus

Cette décapitation présumée rappelle celle d’un autre journaliste américain. Daniel Pearl, 38 ans, correspondant du quotidien américain The Wall Street Journal, avait disparu le 23 janvier 2002 à Karachi, au Pakistan. Une vidéo montrant sa décapitation avait été remise un mois plus tard au consulat des Etats-Unis.

Un autre journaliste américain est toujours porté disparu. Il s’agit de Steven Sotloff également détenu par l’EI et dont le nom a été lâché comme possible prochaine victime par le djihadiste dans la vidéo de Foley. Sotloff est un journaliste de Miami, basé en Libye, collaborant avec Time, National Interest, Foreign Policy et d’autres. Un troisième journaliste américain freelance manque aussi à l’appel. Il s’agit d’Austin Tice, disparu dans les envions de Damas en Syrie en août 2012, date de son dernier tweet sur son compte Twitter.

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