VIDÉO – Mélanie, la fille d’Ingrid Betancourt, appelle la France à agir…
Du haut de ses 21 ans, Mélanie Delloye affiche un regard déterminé, parfois triste. La fille d’Ingrid Betancourt, retenue par les
Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) depuis le 23 février 2002, mène un combat médiatique sans relâche pour rappeler les cinq ans de captivité de sa mère. Son frère Lorenzo, âgé de 18 ans, l’accompagne de plus en plus souvent. «Notre voix est notre seule arme», lâche l’étudiante, qui a vivement interpellé Dominique de Villepin, mardi, dans un studio de RTL. «Nous nous sommes retrouvés par hasard et j’en ai profité pour lui dire ce que je pensais», à savoir qu’il ne s’était pas montré assez «déterminé» pour obtenir la libération de sa mère.
«Cela fait cinq ans, la durée d’un mandat présidentiel, que maman a été enlevée et rien n’a avancé, déplore la jeune femme aux cheveux châtains.
Pas même une amorce de négociation.
Le président colombien Uribe change d’avis à loisir et la France réagit très tièdement.» Au ministère des Affaires étrangères, qui affirme qu’«une cellule de suivi a été mise en place» dès l’enlèvement, Mélanie Delloye rétorque qu’elle se limite à deux émissaires, français et suisse, et deux fonctionnaires». «Je ne remets pas en cause le travail des émissaires, très courageux, mais il faudrait mobiliser beaucoup plus de gens, créer une vraie cellule de crise interministérielle.» Et de pointer le «manque de volonté politique au sommet. Chirac n’a appelé Uribe qu’une ou deux fois depuis février 2002.»
«Je veux parler de maman»
Mélanie Delloye lance clairement un appel au futur Président. «J’espère que celui qui sera élu prendra le dossier à bras le corps. Nous avons déjà rencontré une majorité de candidats. Il faut collaborer avec les Etats-Unis, faire pression sur le gouvernement colombien.» La Franco-colombienne souligne l’urgence d’agir. «Les conditions de captivité sont terribles, les otages sont isolés, marchent sans arrêt, sont exposés aux maladies, mangent mal… Plus le temps passe, plus ma mère s’affaiblira et moins il y aura de chance de la retrouver vivante.»
Aux questions personnelles, Mélanie Delloye ne souhaite pas répondre. «Ce n’est pas de moi que je veux parler mais de maman. Ma présence n’est que le témoignage de son absence.» Après une licence de philosophie, la jeune femme n’envisage pas de suivre les traces de sa mère en politique. Elle a pourtant déjà tout d’une militante. «S’il y a une chose que je ne supporte pas, c’est l’indifférence.»
Catherine Fournier
Le
comité de soutien d’Ingrid Betancourt organise un rassemblement place Saint-Michel à Paris (6e), vendredi à partir de 11 heures.