Opération pétrole contre dénucléarisation

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Publié le 13 février 2007.

COREE - Pyongyang s'est engagé à démanteler ses installations nucléaires en échange d'énergie...

Donnant-donnant. La Corée du Nord s'est engagée mardi à commencer à démanteler ses installations nucléaires dans les deux mois en échange d'une aide énergétique. Le négociateur chinois, Wu Dawei, a fait état d'une déclaration conjointe obtenue après six jours de pourparlers qui ont réuni les deux Corées, la Chine, les Etats-Unis, le Japon et la Russie pour convaincre Pyongyang de renoncer à l'arme atomique.

La fourniture de 50.000 tonnes de pétrole à la Corée du Nord sera donc effective si elle ferme son principal réacteur, situé à Yongbyon, à une centaine de km au nord de Pyongyang, dans les deux mois. Le reste, soit 950.000 tonnes, sera livré dès que Pyongyang aura désactivé complètement le réacteur qui devra être inspecté par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) également dans les deux mois après la signature de l'accord.

«Un premier pas sérieux» pour Washington
Tout en se réjouissant de l'accord, le qualifiant de «premier pas solide», le négociateur américain Christopher Hill a cependant estimé qu'il restait encore «beaucoup de travail». «A l'évidence, nous avons un long chemin à parcourir», a-t-il dit aux journalistes.

Le porte-parole de la Maison Blanche Tony Snow a parlé de «premier pas très important» et la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice de «bon début». Elle a cependant souligné que ce n'était «pas la fin de cette histoire» tandis que les médias d'Etat nord-coréens ont déclaré que l'accord signé n'exigeait qu'une «suspension temporaire» des installations nucléaires du pays.

Vers un dégel Pyongyang-Washington?

L'accord conclu mardi prévoit également un dégel entre Washington et la Corée du Nord, un Etat placé en 2002 par le président George W. Bush parmi les pays de l' «axe du mal». Les Etats-Unis ont accepté de commencer, toujours dans les deux mois, à retirer la Corée du Nord de la liste des Etats soutenant le terrorisme et à lever les sanctions commerciales si Pyongyang tient son engagement de fermer, puis de désactiver, son principal réacteur nucléaire.

Par ailleurs, même si ce dossier n'entre pas dans le cadre de l'accord de mardi, Washington a aussi promis de régler sous un mois la question des sanctions financières imposées en 2005 à la Corée du Nord. Ces sanctions, prises par Washington il y a plus d'un an, se sont notamment traduites par le gel d'environ 24 millions de dollars détenus sur des comptes nord-coréens à la Banco Delta Asia de Macao (BDA), à la suite d'accusations de blanchiment de faux dollars.

La France, pour sa part, s’est félicitée de l’accord, parlant «de première étape importante» à prendre toutefois «avec une certaine précaution».

Un rapprochement avec Tokyo ?
Japonais et Nord-Coréens veulent également démarrer des discussions bilatérales pour normaliser leurs relations. Mardi, peu après l'annonce de l'accord, le ministre nippon des Affaires étrangères, Taro Aso, a toutefois conditionné le soutien de son pays à l'aide énergétique à d'éventuels progrès sur le contentieux des ressortissants japonais enlevés par des agents de Pyongyang pendant la Guerre froide.

Le négociateur chinois a annoncé une prochaine session de pourparlers à six, le 19 mars à Pékin, alors que cinq groupes de travail doivent être mis en place d'ici un mois pour superviser le processus.

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