Trois morts selon la police, douze selon l'agence officielle Ani. Le bilan du double attentat à la bombe qui a frappé deux bus au nord-est de Beyrouth mardi matin varie selon les sources. Une vingtaine de personnes auraient également été blessées dans ces deux explosions visant deux minibus près de Bikfaya, dans la montagne chrétienne au nord-est de Beyrouth.
Il s'agit du premier attentat contre des autobus de transport en commun depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).
… Le reportage de notre correspondant au Liban dans l'après-midi…
Jacques Chirac a exprimé son «horreur» et sa «consternation», après cet attentat qui intervient à la veille du deuxième anniversaire de l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, tué dans un attentat à Beyrouth le 14 février 2005 au moment où le Liban était sous tutelle syrienne. Un peu plus tôt, Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères, avait «condamné dans les termes les plus fermes cet attentat odieux et lâche».
«J'ai entendu une explosion, j'ai ouvert ma vitre, j'ai vu le deuxième bus comme s'il s'envolait», a raconté Samir, un automobiliste. «J'ai aidé deux personnes qui avaient perdu les jambes», a-t-il ajouté.
Crise politiqueCet attentat intervient également au moment où le Liban traverse une grave crise politique, l'opposition menée par le Hezbollah chiite pro-syrien réclamant le départ du gouvernement de Fouad Siniora, issu de la majorité parlementaire antisyrienne, ainsi que des élections anticipées.
Cette majorité, menée par le député Saad Hariri a appelé à un rassemblement massif mercredi dans le centre de Beyrouth pour marquer le 2e anniversaire de l'assassinat de son père. Dans le même secteur, l'opposition tient un sit-in depuis le 1er décembre pour réclamer le départ du gouvernement Siniora.