Double attentat meurtrier au nord-est de Beyrouth

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Publié le 13 février 2007.

LIBAN – Deux bus transportant une quarantaine de passagers ont explosé…

Trois morts selon la police, douze selon l'agence officielle Ani. Le bilan du double attentat à la bombe qui a frappé deux bus au nord-est de Beyrouth mardi matin varie selon les sources. Une vingtaine de personnes auraient également été blessées dans ces deux explosions visant deux minibus près de Bikfaya, dans la montagne chrétienne au nord-est de Beyrouth.

Il s'agit du premier attentat contre des autobus de transport en commun depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).

… Le reportage de notre correspondant au Liban dans l'après-midi…

Jacques Chirac a exprimé son «horreur» et sa «consternation», après cet attentat qui intervient à la veille du deuxième anniversaire de l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, tué dans un attentat à Beyrouth le 14 février 2005 au moment où le Liban était sous tutelle syrienne. Un peu plus tôt, Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères, avait «condamné dans les termes les plus fermes cet attentat odieux et lâche».

 

«J'ai entendu une explosion»

«Selon les premières informations, il s'agit de bombes qui ont explosé à bord des deux bus» peu après 9h locales (7h GMT) dans la région chrétienne résidentielle de Ain Alak, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la police sous le couvert de l'anonymat. Les explosions se sont produites sur une route de montagne très fréquentée dans le Metn-Nord, à 2 km de Bickfaya, le village natal du ministre de l'Industrie Pierre Gemayel, assassiné en novembre, et de son père, l'ex-président Amine Gemayel, chef du parti Kataeb (phalanges).

Les deux bus, d'une capacité totale d'une quarantaine de passagers, appartenaient à des particuliers des familles Saliba et Gemayel. Ils se suivaient à une cinquantaine de mètres. Lorsque le premier a sauté, le chauffeur du second a pilé avant de quitter son véhicule, qui a alors explosé.

«J'ai entendu une explosion, j'ai ouvert ma vitre, j'ai vu le deuxième bus comme s'il s'envolait», a raconté Samir, un automobiliste. «J'ai aidé deux personnes qui avaient perdu les jambes», a-t-il ajouté.

Crise politique

Le député Ibrahim Kanaan, du Courant patriotique libre (du général chrétien Michel Aoun, opposition), qui s'est rendu sur place, a affirmé qu'il était «inadmissible de viser des citoyens innocents». «Sans unité des rangs, nous ne pourrons pas surmonter cette phase», a-t-il dit, ajoutant que «tout le Liban est visé».

Cet attentat intervient également au moment où le Liban traverse une grave crise politique, l'opposition menée par le Hezbollah chiite pro-syrien réclamant le départ du gouvernement de Fouad Siniora, issu de la majorité parlementaire antisyrienne, ainsi que des élections anticipées.

Cette majorité, menée par le député Saad Hariri a appelé à un rassemblement massif mercredi dans le centre de Beyrouth pour marquer le 2e anniversaire de l'assassinat de son père. Dans le même secteur, l'opposition tient un sit-in depuis le 1er décembre pour réclamer le départ du gouvernement Siniora.






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