En état de siège. La Guinée a fait un pas de plus vers la guerre civile. Le président guinéen Lansana Conté a instauré lundi soir un couvre feu de 20 heures sur 24 sur l'ensemble du territoire dans le cadre de l'état de siège décrété jusqu'au 23 février.
Hier soir le chef de l'Etat a annoncé le déploiement de l'armée en réponse aux mouvements d'opposition qui paralysent le pays par une grève générale. Au moins dix-huit personnes seraient décédées au cours de cette journée à hauts risques, qui fait suite à un week-end de violences.
Vingt-trois personnes y ont été tuées lors de manifestations hostiles au pouvoir. La raison de ce nouveau bras de fer? L'annonce vendredi, par le président Lansana Conté, de la nomination d'Eugène Camara, un de ses proches, au poste de Premier ministre, alors qu'il avait promis de choisir un homme «de consensus».
Pour la Guinée, déjà très mal en point économiquement, cette crise a un coût sanglant. Au total, quatre-vingt-dix personnes sont décédées depuis le début des troubles, le 10 janvier. Mais les manifestants semblent déterminés. Ce week-end, l'intersyndicale à l'origine de la grève a, pour la première fois, appelé au départ du chef de l'Etat. De son côté, le président Conté semble résolu à dersser l'armée contre les manifestants.