A Londres, des créateurs exigent des mannequins à taille humaine

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Publié le 11 février 2007.

ANOREXIE - Plusieurs créateurs ne recruteraient plus de top-models en dessous de la taille 36…

La question des mannequins trop minces s'est à nouveau retrouvée sur le podium dimanche à Londres où a débuté la Semaine de la mode, avec une invitation au voyage dans les premières présentations des collections automne-hiver.

L'extrême maigreur des mannequins est sujet à débat depuis plusieurs mois au niveau international après le décès l'an dernier, à trois mois d'intervalle, de deux jeunes mannequins qui ne s'alimentaient quasiment plus.

Jusqu'à présent, seul Madrid a pris des mesures en interdisant les podiums aux mannequins ayant un indice de masse corporelle, calculé sur la base d'un rapport taille-poids, inférieur à 18 (56 kg pour 1,75 m). Conséquence: cinq mannequins ne participeront pas au grand rendez-vous madrilène qui s'ouvre lundi, ont annoncé dimanche les autorités espagnoles.

Ailleurs, pas question pour l'instant de fixer de règlementation mais l'industrie internationale de la mode réfléchit pour lutter contre l'anorexie.

A Londres, la ministre britannique de la Culture Tessa Jowell a estimé samedi qu'il appartenait à l'industrie de la mode de bannir les mannequins trop maigres des défilés. Cela ne peut pas un critère «arbitraire» imposé par la loi, a-t-elle estimé.

Pour la directrice exécutive du British Fashion Council, organisateur de la Semaine de la mode de Londres, il est «irréaliste d'attendre un changement des comportements et des attitudes dans un aussi court laps de temps. C'est le début du processus, pas la fin.»

Le créateur irlandais Paul Costelloe, qui a fait l'ouverture à Londres, a indiqué qu'il ne travaillait qu'avec des jeunes filles s'habillant minimum en taille 8 (36 en France).

Le styliste s'est inspiré du Paris de la fin des années 60 avec manteaux et robes au-dessus du genou, coupes chasuble et lignes apurées. Un travail tout en technique effectué dans des tons plutôt neutres de gris souris, ivoire et marron, tranchant parfois avec des collants aux couleurs éblouissantes.

L'inspiration de l'a entraînée vers Venise et son carnaval, en faisant un détour vers les contrées d'Orient. Celle qui défile à Londres depuis 1963 alors que la Semaine de la mode y faisait ses premiers pas, a présenté une collection riche de volutes, soie et velours, avec des couleurs éclatantes, orange, pourpre, violet.

«Mes mannequins sont en bonne santé, ils ont des formes», a pour sa part affirmé Caroline Charles, précisant que la taille minimum est 10 (taille 38 en France).

De son côté, l'Américain Ben de Lisi n'est pas favorable à une taille minimum. «Les filles en bonne santé ont leur place sur le podium», a-t-il déclaré à l'AFP.

Au total, une cinquantaine de créateurs vont défiler jusqu'à vendredi sous la tente du musée d'Histoire naturelle dans le centre de Londres. Marc Jacobs, qui défilera pour la première fois à Londres, fermera la semaine.

D'après AFP
En France, un groupe de travail a été créé sur la question pour le ministre de la Santé.
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