Le commissaire européen chargé du Marché intérieur, le Français Michel Barnier, a mis en garde lundi contre «les procès d'intention» à l'encontre du projet de traité de libre-échange transatlantique en assurant qu'il n'était pas question de remettre en cause les normes européennes. «Ne faisons pas de procès d'intention à cette négociation», a lancé Barnier, en marge d'un sommet sur les Technologies Clés Génériques à Grenoble.

«Il y a des bornes qui ne doivent pas être franchies», a-t-il assuré en citant «les garanties qui sont apportées en termes d'environnement, sur le plan social ou sur le plan de la sécurité alimentaire». «Je n'approuverai jamais un tel traité s'il devait affaiblir ces normes, qui sont importantes pour les citoyens et les entreprises», a affirmé le commissaire européen. 

Le traité «devra de toute façon être soumis à l'approbation du Parlement européen et des parlements nationaux» et «doit faire l'objet de transparence, j'en conviens», a poursuivi Barnier. Il a en outre souligné que «créer des synergies entre les deux plus grandes économies du monde, le marché européen et le marché américain (...) doit créer de l'emploi et des marchés réciproques pour nos entreprises».

«On voit bien que si on n'est pas ensemble, on est foutus»

Les négociations en cours visent à réduire les obstacles aux échanges de biens et de services entre les États-Unis et l'Europe. Les opposants au traité craignent qu'il ne conduise à une remise en cause des normes européennes en termes d'environnement et de santé. Barnier a par ailleurs regretté la capacité de la classe politique française à «ne pas parler des vrais problèmes, à se regarder le nombril plutôt que de regarder le monde tel qu'il est».

En 2050, parmi les huit principales puissances économiques mondiales, «il n'y aura plus aucun pays européen, pas même l'Allemagne (...) On voit bien que si on n'est pas ensemble, on est foutus», a estimé Barnier. Interrogé sur son éventuelle candidature aux élections régionales de 2015, Barnier a refusé de s'exprimer. «Depuis que j'ai 22 ans, j'ai été élu au suffrage universel. Si je reste en politique française, comme j'en ai envie, je veux être élu, j'irai chercher la confiance des gens», a-t-il seulement indiqué.

Barnier, qui briguait la présidence de la commission européenne, avait été battu en mars par l'ancien Premier ministre du Luxembourg Jean-Claude Juncker lors d'une élection interne du Parti populaire européen (PPE).

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