Philippe Douste-Blazy: «Il est bon d'avoir un oeil neuf sur la politique étrangère»

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Publié le 7 février 2007.

Interview du ministre des Affaires étrangères

Interview de Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères.

Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?

Pour montrer à quel point les affaires étrangères ont des conséquences concrètes sur la vie quotidienne des Français. Etant un homme politique avec un parcours d'élu local puis de responsable gouvernemental, j'ai souhaité faire partager ce sentiment.

Vous devriez bientôt quitter ce ministère. Quel regard portez-vous sur les critiques qui vous ont été faites et quelle réponse souhaitez-vous apporter aujourd'hui ?

Il y a des actions dans ce livre qui sont les meilleures réponses. C'est vrai qu'au début, le fait de ne pas être diplomate – j'ai envie de dire « du sérail » – a pu questionner un certain nombre de personnes. Aujourd'hui, tout cela est derrière nous.

On avait dit de vous : « Le ministre des affaires qui lui sont étrangères. » Le choix du titre du livre est-il en rapport ?

Non, c'est uniquement parce ces affaires ne doivent pas être étrangères au grand débat électoral qui s'annonce en France. Et j'ai trouvé intéressant aussi de dire que ce n'était pas si étranger à quelqu'un qui n'était pas diplomate de formation. Il est bon d'avoir un oeil neuf sur des sujets de politique étrangère, qui intéressent tous les Français. Il est sain de ne pas laisser ce type de domaine à des seuls spécialistes.

Vous décrivez les diplomates comme « discrets et disciplinés », s'exprimant peu par « devoir de réserve » et « peur de déplaire ». Vous semblez aussi déplorer l'image « élitiste » du Quai d'Orsay. Revendiquez-vous une façon différente de faire de la diplomatie ?

La diplomatie, c'est l'art de pouvoir éviter le conflit. Il y a donc un prix à payer pour cela. Mais il est normal aussi de pouvoir affirmer une vision, montrer un cap politique. C'est défendre une certaine idée de notre pays, et parfois il ne faut pas toujours le faire de manière onctueuse.

Justement, vous n'aviez pas été très onctueux avec l'Iran quand vous avez déclaré qu'il menait un « programme nucléaire clandestin »...

Je comprends d'autant moins que cela ait posé problème et choqué que le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Mohamed El-Baradei, l'a dit lui-même.

Mais il n'a jamais parlé aussi crûment de programme « clandestin »...

Il est allé plus loin : il a parlé de programme nucléaire iranien qui serait mené « à des fins non pacifiques ».

On vous a reproché de ne parler aucune langue étrangère. Avez-vous appris l'anglais depuis votre nomination en mai 2005 ?

Je parle anglais. Mais il m'arrive très fréquemment, comme la plupart de mes collègues étrangers, que sur des discussions excessivement importantes et des textes techniques, je fasse appel à un traducteur. Do you want to speak english with me ?

Recueilli par Faustine Vincent

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