Des réservoirs de stockage temporaire d'eau pompée dans le sol à la centrale de Fukushima Daiichi, le 11 avril 2011.
Des réservoirs de stockage temporaire d'eau pompée dans le sol à la centrale de Fukushima Daiichi, le 11 avril 2011. - 31283687_1_kyodowc1/NEWSCOM/SIPA

L’eau contaminée, un problème loin d’être réglé. «C’est embarrassant de l’admettre, mais il y a certaines parties du site sur lesquelles nous n’avons pas un contrôle total», avouait la semaine dernière le responsable de la centrale de Fukushima Daiichi, Akira Ono.

Il faisait allusion à l’incident du dimanche 13 avril, lorsque quatre pompes, qui n’auraient pas dû être en service, avaient répandu plus de 200 tonnes d’eau hautement contaminée dans la centrale, selon l’opérateur Tepco. Cette eau à très forte teneur en césium radioactif (137 et 134), évaluée à 37 millions de becquerels par litre, a inondé le sous-sol de deux bâtiments.

«C’est le prix à payer pour ce que nous avons fait ces trois dernières années»

Un incident qui met de nouveau à mal les déclarations du Premier ministre japonais devant le Comité olympique en septembre dernier. «La situation est sous contrôle», avait assuré Shinzo Abe à Buenos Aires, quelques heures avant l’attribution à Tokyo de l’organisation des JO de 2020. Ces assurances avaient été remises en causes par des scientifiques et même un responsable de Tepco. Les Japonais étaient 76% à ne pas y croire non plus, dans un sondage du quotidien japonais Asahi Shimbun.

 «Ca peut paraître étrange, mais c’est le prix à payer pour ce que nous avons fait ces trois dernières années, reconnaît Akira Ono. Nous avons dû construire des réservoirs dans l’urgence et n’avons peut-être pas fait suffisamment attention à la qualité. Nous devons améliorer la qualité des réservoirs et des autres installations pour qu’ils tiennent les trente ou quarante prochaines années, pendant le démantèlement de la centrale.»

Un millier de réservoirs contiennent actuellement 440.000 tonnes d’eau contaminée, quantité qui devrait doubler d’ici à 2016. La décontamination de cette eau dépend largement du système de traitement de l'eau ALPS, mais celui-ci a connu problème sur problème depuis les premiers essais en mars 2013. Mercredi dernier, une tonne d’eau contaminée a débordé d'un réservoir lors d'opérations de nettoyage du système.

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