Le président français François Hollande et son homologue mexicain, Enrique Pena Nieto, lors d'une réunion du G20 à Saint Petersbourg, le 6 septembre 2013.
Le président français François Hollande et son homologue mexicain, Enrique Pena Nieto, lors d'une réunion du G20 à Saint Petersbourg, le 6 septembre 2013. - AFP PHOTO / JACQUES WITT

Ce sera le point d’orgue du réchauffement des liens entre le Mexique et la France. La visite d’Etat que François Hollande entame ce jeudi au Mexique, à l'invitation du président Enrique Pena Nieto, doit permettre de confirmer le renouveau des relations bilatérales entre les deux pays, malmenées par l’«affaire» Florence Cassez.

«Cette visite d’Etat vient confirmer le réchauffement des liens diplomatiques entre le Mexique et la France, tombés à un niveau historiquement bas sous les présidences de Felipe Calderón et Nicolas Sarkozy», rappelle Gaspard Estrada, analyste politique à l’Observatoire politique de l'Amérique latine et des Caraïbes (OPALC) de Sciences Po.

Un symbole fort

La libération, le 23 janvier 2013, de la Française Florence Cassez, détenue sept ans au Mexique pour complicité d'enlèvement «a été un événement important du point de vue diplomatique. Cela faisait plusieurs années que cette affaire empoisonnait les relations entre la France et le Mexique», rappelle Jaime Aragon, doctorant à l’Institut des Hautes Etudes de l'Amérique latine (IHEAL), soulignant que l’alternance politique qu’ont connue les deux pays en 2012 ont permis de réchauffer les relations.

«Cela a amené les deux parties à repartir de zéro en quelque sorte, en essayant de laisser de côté ce qui s’était passé», continue le spécialiste. Et ce renouveau est tel que, une fois la visite d’Etat de François Hollande terminée, le président mexicain Enrique Peña Nieto viendra à son tour en visite en France fin 2014.

«C’est quelque chose de très rare dans le protocole diplomatique. D’habitude, il y a un espacement d’un an ou deux entre deux visites d’état. Là c’est vraiment un symbole fort», analyse Gaspard Estrada. Les deux chefs d’Etat s’étaient déjà entretenus en octobre 2012, alors qu’Enrique Peña Nieto venait d’être élu. De nombreuses visites ministérielles ont ensuite eu lieu, et la diplomatie française a clairement montré sa priorité aux relations avec les pays d’Amérique Latine.

Un autre dossier explosif

«François Hollande a tourné les yeux vers l’Amérique Latine, en s’y rendant en visite officielle, ou en recevant les chefs d’Etat de l’Argentine, du Brésil, de l’Equateur… Il continue là une sorte d’approche française de l’Amérique Latine», estime Jaime Aragon. Une analyse que partage Gaspard Estrada, qui souligne que «parmi les pays d’Amérique Latine, le Mexique est celui où le plus de résultats concrets peuvent être attendus, du fait de la proximité entre les deux gouvernements, comme l’annonce d’investissements français au Mexique, par exemple».

Cependant, malgré cette proximité retrouvée, certains dossiers problématiques pourraient revenir polluer les relations franco-mexicaines. Ainsi de l’affaire Maude Versini, cette Française, ex-épouse d’Arturo Montiel, un homme politique mexicain de premier plan, qui n'a pas vu ses trois enfants, enlevés par leur père, depuis ­décembre 2011 et qui a lancé une procédure pour enlèvement international discutée devant les tribunaux mexicains.

«C’est un dossier très délicat. Arturo Montiel est une personne importante de la classe politique, et est en plus le cousin et le parrain politique du président Enrique Peña Nieto», souligne Jaime Aragon. «C’est un cas inouï dans les relations franco-mexicaines, qui n’a pas la même médiatisation que l’affaire Cassez, mais qui est potentiellement explosive». Et qui pourrait bien tendre à nouveau les relations diplomatiques entre la France et le Mexique.

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