La grève générale de l'opposition a pris des allures de guerre civile mardi...
L’opposition libanaise au gouvernement pro-occidental de Fouad Siniora avait promis une grève générale mardi. Elle a surtout offert au Liban des relents de guerre civile. La journée s'étant soldée par trois morts et plus de 110 blessés.
Très tôt mardi matin, les partisans du Hezbollah et du Courant patriotique libre (CPL) de Michel Aoun ont bloqué les grands axes routiers du pays, à Beyrouth et dans d’autres grandes villes, ainsi que l’accès à l’aéroport international.
Vers 10 heures, des montagnes de pneus brûlaient, de grands panaches de fumée s’élevant partout au-dessus de la capitale libanaise. Mais les partisans de la majorité n’ont pas laissé faire. Peu après midi, à Zalka dans la banlieue nord de Beyrouth, des militants des Forces libanaises et des jeunes chiites de la région se sont affrontés à coup de jets de pierre.
L’armée, omniprésente sur le terrain, a dû tirer en l’air pour disperser la foule. Un peu partout dans le pays, la liste des blessés s’est allongée d’heure en heure. Jusqu’à l’annonce des deux premiers morts vers 17 heures. Si à Zalka les militaires ont rouvert le passage sur la principale autoroute menant vers le Nord, la quasi totalité des barrages étaient encore en place à la tombée de la nuit. L’opposition a d’ores et déjà annoncé que le mouvement continuerait jusqu’à la chute du gouvernement.
«C’est un coup d’Etat», a dénoncé Samir Geagea, chef des Forces libanaises fidèles au cabinet de Fouad Siniora. Le Premier ministre, lui, doit se rendre à Paris mercredi pour assister à la conférence des pays donateurs (dite de Paris III), d’où il espère repartir avec 5 milliards de dollars.
légendes photo:
1. Plusieurs barrages sur l'axe majeur reliant Beyrouth à la plaine de la Bekaa et à la Syrie ont été installés par les partisans du Hezbollah et du général Aoun.
2. Sur l'autoroute côtière du Nord, les miliants du Courant patriotique libre de Michel Aoun ont incendié des pneus.
3. A Zalka, dans la banlieue Nord de Beyrouth, des jeunes des Forces Libanaises ont affronté des jeunes chiites descendus de leurs villages à coup de jets de pierres. L'armée est intervenue, mais la haine entre les parties est plus que jamais vivace.
A Beyrouth, de notre correspondant David Hury