En Espagne, finies les crevettes des podiums. Les organisateurs des défilés de mode de février ont décidé d'écarter à nouveau les mannequins trop maigres, relançant la polémique sur l'anorexie dans ce milieu.
En septembre dernier, Madrid avait déjà jeté un pavé dans la mare en interdisant les défilés aux mannequins dont l'indice de masse corporelle est en dessous de 18, soit environ 56 kg pour 1,75 m, selon les critères de l'Organisation mondiale de la santé. En renouvelant cette décision, les autorités espagnoles en font une question d'éthique. Et la mort, en novembre dernier, d'Ana Carolina Reston, mannequin brésilienne décédée d'anorexie, les a confortées dans leur décision. L'hebdomadaire britannique The Observer revient cette semaine sur la descente aux enfers de cette fille de 21 ans, mesurant 1,74 m pour 40 kg, et qui n'avalait que des pommes et des tomates. Pour une journaliste qui l'avait rencontrée fin 2004, « à l'époque déjà, les autres filles, les agences, tout le monde savait qu'elle était malade. Ils mentent quand ils disent qu'ils n'ont rien vu », assure-t-elle. Reste que cette décision n'a pas encore fait boule de neige. Les capitales de la mode comme Paris ou New York ne semblant pas encore prêtes à prendre de telles dispositions.
Photo : la mère d'Ana Carolina Reston, la mannequin décédée d'anorexie.