L’Ukraine s’embrase à nouveau. Après les violentes manifestations de décembre et janvier, une accalmie semblait ce profiler le week-end dernier. Mais les affrontements ont repris mardi. Un regain de violences qui a fait au moins 25 morts dans le centre de Kiev occupé par l'opposition.

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Que se passe-t-il à Kiev?

Les violences ont commencé par des affrontements mardi aux environs du Parlement, alors que des manifestants se sont emparés de bâtiments publics et du siège du parti du président ukrainien Viktor Ianoukovitch après un assaut au cocktail molotov. Dans la soirée, un assaut des forces spéciales anti-émeute, équipés de blindés, a été lancé dans la fumée des incendies et des feux de pneus au centre de Kiev sur le Maïdan, la place de l'Indépendance, épicentre de la contestation. Ce mercredi matin, manifestants et policiers continuaient de se faire face sur la place, sans affrontements violents.

Ces violences risquent-elles de se propager au pays tout entier?

C’est déjà le cas en partie. Des manifestants ont pris d'assaut dans la nuit de mardi à ce mercredi plusieurs bâtiments publics dans l'ouest de l'Ukraine, en grande partie acquis à l'opposition, dont le siège de la police et des services spéciaux à Lviv, près de la frontière polonaise, et ont pris le contrôle des dépôts d'armes. Les autorités ont ouvert une enquête pour «prise d'assaut de bâtiments publics», qui prévoit des peines allant jusqu'à six ans de prison.

La situation ne s’était-elle pas apaisée?

Après les affrontements de décembre et janvier entre policiers et manifestants contestant la volte-face du pouvoir ukrainien, qui a renoncé subitement à un rapprochement avec l'Union européenne pour se tourner vers Moscou, la situation semblait effectivement se calmer. Dimanche, l'opposition avait obtenu l'entrée en vigueur dès lundi de la loi d'amnistie pour les manifestants poursuivis pour des délits commis entre le 27 décembre et le 2 février, après avoir évacué dans la matinée la mairie de Kiev, lieu symbolique de la contestation, et d'autres bâtiments publics en province.

Pourquoi ce regain de violence?

Malgré les gestes des deux parties pour apaiser les tensions, les négociations entre pouvoir et opposition sont au point mort, qu'il s'agisse de la réforme constitutionnelle réduisant les pouvoirs présidentiels au profit du gouvernement et du Parlement ou de la nomination d'un nouveau Premier ministre. Après les événements de mardi, le président ukrainien a rencontré les chefs de l'opposition, sans résultat. Il a accusé ce mercredi l'opposition d'avoir lancé une insurrection et a exigé que les manifestants évacuent le Maïdan. Il a assuré que les coupables «comparaîtraient devant la justice».

Quelles sont les réactions de la communauté internationale?

La Russie a condamné ce regain de violences, qu'elle a attribué à la politique des Occidentaux, qui «ferment les yeux sur les actes agressifs des forces radicales en Ukraine». Le vice-président des Etats-Unis Joe Biden a pour sa part appelé Viktor Ianoukovitch à retirer les forces de l'ordre des rues de Kiev et a souligné «l'urgence d'un dialogue immédiat» avec l'opposition. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a quant à lui brandi la menace de sanctions de l'Union européenne contre des dirigeants ukrainiens. Enfin, le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a estimé que l'Ukraine était menacée d'une «guerre civile», avec des conséquences pour la sécurité et la stabilité de toute la région.

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