Les forces internationales ont mené samedi matin à Bangui une vaste opération de désarmement des anti-balaka, des miliciens majoritairement chrétiens accusés de crimes atroces contre la minorité musulmane et auxquels la présidente intérimaire a déclaré "la guerre".
Les forces internationales ont mené samedi matin à Bangui une vaste opération de désarmement des anti-balaka, des miliciens majoritairement chrétiens accusés de crimes atroces contre la minorité musulmane et auxquels la présidente intérimaire a déclaré "la guerre". - Fred Dufour AFP

Les forces internationales ont mené samedi à Bangui une vaste opération de désarmement des anti-balaka, des miliciens majoritairement chrétiens accusés de crimes atroces contre la minorité musulmane, auxquels la présidente intérimaire a déclaré «la guerre».

Les responsables militaires de l'opération française Sangaris et de la force de l'Union africaine (Misca), qui tentent de mettre fin à la crise dans ce pays livré aux pillages et aux massacres interreligieux depuis bientôt trois mois, avaient durci le ton ces derniers jours, prévenant qu'ils feraient usage de la force.

Un lieutenant anti-balaka arrêté

Cette opération de désarmement, la plus importante menée contre les miliciens anti-balaka, n'a cependant pas permis l'arrestation des principaux dirigeants du groupe armé. L'opération de ratissage menée ce samedi, la plus impressionnante depuis le début de Sangaris en décembre, a débuté peu avant 6h sur un large périmètre du quartier Boy Rabe, fief banguissois des milices anti-balaka.

En début d'après-midi les ministres centrafricains de la Défense, de la Sécurité et de la Justice se sont rendus en compagnie du procureur de la République Ghislain Grésenguet au camp militaire de la Misca où les personnes interpellées, «une bonne dizaine» entre vendredi soir et samedi selon le procureur, ont été amenées.

Parmi les personnes interpellées figure le lieutenant Hervé Ganazoui, «en charge des opérations à l'"état-major" anti-balaka», a déclaré Emotion Brice Namsi, qui se présente comme un porte-parole des miliciens. Toutefois, l'un de ses «objectifs» -l'arrestation de Patrice Edouard Ngaissona, qui se présente comme le «coordonnateur politique» des anti-balaka-, n'a pas été atteint.

«Cassez-vous ou on va s'occuper de vous»

«Ils n'ont pas réussi à me prendre, j'étais sorti. Il faut qu'on me dise pourquoi on me cherche», a affirmé à Patrice Edouard Ngaissona, joint par téléphone. Quinze minutes après l'encerclement de sa maison par les forces africaines, des explosions de grenades et des tirs ont été entendus. Selon une source militaire, «face à l'agression des occupants de la maison, des éléments de la Misca ont tiré en l'air».

Interrogé par l'AFP, le procureur a regretté que Patrice Edouard Ngaissona ait pu échapper à une interpellation. «C'était le gros poisson qu'il fallait prendre», a-t-il dit. L'opération, durant laquelle l'armement saisi comprenait des fusils d'assaut, armes automatiques artisanales, grenades et munitions diverses, s'est achevée aux alentours de 10h.

Les véhicules des Sangaris et de l'Union africaine sont repartis sous les huées des habitants qui scandaient notamment: «Cassez-vous ou on va s'occuper de vous!». La présidente centrafricaine Catherine Samba Panza a menacé mercredi de faire «la guerre» aux milices. Elle faisait écho aux déclarations menaçantes du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian et des commandants des contingents français et africain en Centrafrique, qui visaient directement les miliciens et les pillards sévissant en toute impunité.

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