Arseni Iatseniouk le 17 janvier 2010 à Kiev, en Ukraine.
Arseni Iatseniouk le 17 janvier 2010 à Kiev, en Ukraine. - DONDYUK/PHL/EAST NEWS/SIPA

Lundi, c’est à lui que le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, a proposé le poste de Premier ministre pour tenter de sortir de la crise qui secoue le pays. Arseni Iatseniouk, l’une des trois figures politiques du mouvement de protestation, a refusé. «Il n’y a pas d’accord, a-t-il affirmé sur son compte Twitter en s’adressant directement au président. Nous continuerons ce que nous avons commencé. Le peuple décide des dirigeants, pas vous.»

Moins connu à l’étranger que Vitali Klitschko, l’ancien champion de boxe passé en politique, Arseni Iatseniouk, est une figure politique importante en Ukraine. Juriste et économiste, le député de 39 ans, marié et père de deux enfants, a été propulsé ministre de l'Economie entre 2005 et 2006 à la faveur de la Révolution orange, puis brièvement ministre des Affaires étrangères en 2007.

Il a surpris par sa fermeté  

Pro-occidental, il a notamment négocié l’entrée de l’Ukraine dans l’Organisation mondiale du Commerce et le développement des relations avec l’Union européenne. Une ascension politique fulgurante qui s’est poursuivie par la suite avec l’emprisonnement pour abus de pouvoir du leader de son parti, Ioulia Timochenko, ex-égérie de la Révolution orange. En son absence, il a pris en charge les affaires.

La crise qui secoue l’Ukraine depuis deux mois l’a placé encore davantage sur le devant de la scène politique. Il a surpris par sa fermeté vis-à-vis du pouvoir, tranchant avec une image que certains trouvent un peu lisse. Cet héritier de la Révolution orange –et des déceptions qu’elle a entraînées– semble soucieux de donner des gages aux manifestants et de montrer qu’il sera là pour protéger le mouvement.

Soupçonné par des manifestants d’être celui qui redoute le plus de finir en prison, il a ainsi posé un ultimatum au pouvoir mercredi dernier, le sommant de faire cesser le «bain de sang» en offrant des concessions. «Si cette voie n’est pas celle qui est choisie […], nous rions tous ensemble de l’avant, même si le résultat est une balle dans le front», a-t-il lancé.

Son avenir politique lié à Ioulia Timochenko

Ancien président du Parlement en 2007, il était, sur le plan protocolaire, le deuxième personnage de l’État. Lassé, il a démissionné de son poste un an plus tard pour fonder «une nouvelle force politique, capable de proposer un véritable changement pour le pays», le parti du Front pour le changement, proche du Bloc Ioulia Timochenko.

Arseni Iatseniouk n’a pas caché ses ambitions présidentielles. Il se présente en 2010 et récolte un peu moins de 7% des voix. Le vainqueur, Viktor Ianoukovitch, lui propose –déjà– de venir au gouvernement, ce qu’il refuse. Iatseniouk dissout son parti dans la foulée et rejoint la formation de Ioulia Timochenko, dans l’opposition.

Son avenir politique est aujourd’hui incertain, tant il est lié au sort de Ioulia Timochenko, la véritable chef du parti. Si elle était libérée, Arseni Iatseniouk, crédible mais moins charismatique qu’elle, pourrait revenir dans son ombre.

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