Interview de John Geddes, 52 ans, ex-mercenaire britannique en Irak, auteur d’«Autoroute vers l’enfer»*.
Interview de John Geddes, 52 ans, ancien mercenaire britannique en Irak, auteur d’«Autoroute vers l’enfer»*.
Ex-officier dans les forces spéciales britanniques SAS, vous avez été l’un des premiers à rejoindre l’Irak comme mercenaire. Pourquoi ?
Le côté excitant et la camaraderie de l’armée me manquaient. C’était aussi un bon moyen d’améliorer mes finances, puisque je possédais une compagnie privée de sécurité, chargée de protéger journalistes, politiques ou hommes d’affaires. Je gagnais jusqu’à 1.000 dollars par jour.
Vous êtes resté deux ans en Irak. Quelle évolution
avez-vous constatée ?
Cela a commencé assez calmement. Juste après la
guerre, le pays était comme mort. A mes yeux, c’était le
calme avant la tempête. Et en effet, au fil des mois, les attaques sont devenues de plus en plus nombreuses. Les insurgés se sont perfectionnés, délaissant les bombes artisanales pour les technologies
de pointe.
Quelque 50.000 mercenaires de plusieurs nationalités sont présents en Irak, 379 ont été tués depuis 2003. Quel était le plus gros danger ?
Les engins explosifs, parfois cachés sous l’asphalte. On ne peut rien faire contre ça. Parfois, il y en avait un à deux par jour, parfois aucun pendant trois semaines. Je n’avais pas peur. Plutôt du stress, puisque j’étais responsable de la vie de quelqu’un d’autre. Mais j’ai
eu beaucoup de chance.
Dans votre livre, vous êtes très critique envers le
comportement des Américains.
Je ne suis pas antiaméricain, mais il faut reconnaître qu’ils sont très agressifs avec les Irakiens. Ils se prennent pour Rambo.Ce comportement a encouragé l’insurrection.
Quel regard portez-vous sur la situation aujourd’hui ?
C’est le chaos total. Il y a beaucoup de questions sans
réponses. C’était justifié de faire tomber Saddam Hussein, mais pas de rester, surtout sans stratégie de sortie.
Recueilli par F. V.
* Editions Movie Planet, 18,50 euros.