La découverte de djihadistes français lundi en Egypte n’est pas une première. Voici les principales filières terroristes françaises mises à jour :
-Guantanamo
Sept prisonniers français, arrêtés par les forces de la coalition en Afghanistan, sont passés par la prison américaine située sur l’île de Cuba avant d'être transférés en France : Mourad Benchellali, Imad Kanouni, Nizar Sassi, Brahim Yadel (déjà condamné en décembre 2000 par contumace pour avoir projeté un attentat lors de la coupe du monde de football en France en 1998), Khaled Ben Mustafa, Redouane Khalid et Mustaq Ali Patel. A l’exception de ce dernier, tous ont été mis en examen. Leur procès s’est ouvert devant le tribunal correctionnel de Paris le 3 juillet 2006 pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes ». Mais le tribunal l’a renvoyé au 2 mai 2007 pour "supplément d'information" demandant notamment la comparution des agents de la DST les ayant interrogés.
Le juge Bruguière ouvre le 13 novembre 2002 une information judiciaire sur les filières tchétchènes d’acheminement de combattants du djihad vers la république du Caucase. Soupçonnés d’avoir envisagé un attentat chimique en France en décembre 2002, quatre islamistes sont arrêtés à Romainville en décembre, dont Menad Benchellali, frère de Mourad, prisonnier de Guantanamo. Trois autres membres de la famille Benchellali – le père, Chellali, la mère, Halsa et le frère, Hafed – sont également interpellés le 6 janvier 2004.
Au cours de l’enquête, des connections sont établies entre ces petites mains et de hauts responsables d’Al-Qaïda par l’entremise notamment de Saïd Arif, extradé en France de Syrie le 17 juin 2004. Pas moins de 27 prévenus comparaissent au procès - qui s'ouvre en mars 2006 -, accusés d’avoir projeté des attentats contre la tour Eiffel, le Forum des Halles, des commissariats et des intérêts israéliens. Le 14 juin 2006, 25 condamnations de 6 mois à 10 de prison ferme ou avec sursis et deux relaxes sont prononcées. Un procès en appel doit se tenir du 19 février au 20 mars 2007.
- Les filières afghanes
Différents islamistes ont été condamnés pour avoir participé à la formation de stagiaires dans des camps terroristes en Afghanistan, notamment David Courtailler , Français converti à l’islam et condamné le 25 mai 2004 à 2 ans de prison. Arrêté à Dubaï en juillet 2001 alors qu’il revient du Pakistan, Djamel Beghal, « cadre » des camps d’Al-Qaida est, lui, soupçonné d’avoir projeté un attentat contre l’ambassade américaine à Paris. Il a été condamné le 15 mars 2005 à dix ans d’emprisonnement. Deux autres Français, Djamel Loiseau et Samir Ferraga, ont été tués en décembre 2001 à Tora Bora, en Afghanistan, dans les combats contre les forces de la coalition.
- Les filières irakiennes
En 2004, les services français identifient une vingtaine de jeunes, partis combattre en Irak, dont six ont été tués et trois sont prisonniers des forces de la coalition. Une instruction est ouverte en septembre 2004 par les juges anti-terroristes Bruguière, Coirre et Trevidic qui mettent en examen plusieurs islamistes radicaux provenant du dix-neuvième arrondissement de Paris. Deux ont été remis en liberté en octobre 2006. La demande de remise en liberté de Farid Benyettou, considéré comme le « référent idéologique » du groupe parisien, a, elle, été refusée par la justice. En mai 2006, la DST révélait que 29 personnes étaient détenues en France dans le cadre de ces filières et estimait qu’il y avait une quinzaine de jeunes Français combattant en Irak.