Photo dAbu Anas al-Libi, diffusée par les Etats-Unis le 5 octobre 2013, jour de sa capture en Libye.
Photo dAbu Anas al-Libi, diffusée par les Etats-Unis le 5 octobre 2013, jour de sa capture en Libye. - AFP

Avec sa tête mise à prix pour cinq millions de dollars, il figurait parmi les personnalités les plus recherchées par le FBI. Abou Anas al-Libi, un leader présumé d'Al-Qaïda capturé samedi par les forces spéciales américaines, est pourtant méconnu chez lui en Libye, où il tentait de faire profil bas depuis fin 2011. De son vrai nom Nazih Abdel Hamed al-Raghie, Abou Anas al-Libi, 49 ans, est traqué depuis plus de 13 ans par les Etats-Unis. Ils l'accusent d'implication dans les attentats de 1998 contre leurs ambassades en Tanzanie et au Kenya.

Il a été capturé en plein jour samedi lors d'un raid audacieux à Tripoli. Selon le Pentagone, il est détenu par l'armée américaine à l'extérieur de la Libye. Un des proches d'Abou Anas al-Libi a affirmé qu'il était revenu en Libye après le début de l'insurrection contre le régime de Mouammar Kadhafi en février 2011 et aurait pris part aux combats aux côtés des rebelles. Marié et père de quatre enfants, il a perdu un de ses fils, tué par les partisans de Kadhafi en octobre 2011. Après la chute du régime, Abou Anas était devenu "discret, ne travaillait pas et ne quittait sa maison que pour se rendre à la mosquée. Il était souvent vêtu à l'afghane", a ajouté la source.

Il se réfugie à Londres où il obtient l'asile politique

Au début des années 1990, Abou Anas al-Libi, a rejoint al-Qaïda. Après un pèlerinage en Arabie saoudite, il est informé qu'il est recherché en Libye par les services de sécurité de Mouammar Kadhafi. Il se rend alors en Afghanistan puis en Jordanie où il se marie en 1991 avec sa femme libyenne avant d'aller s'installer au Soudan. Grâce à ses connaissances en informatique et en systèmes de télécommunication, Abou Anas gravit les échelons d'al-Qaïda dont le noyau était basé à l'époque au Soudan.

Après l'expulsion du Soudan d'Oussama Ben Laden, l'ex-numéro un d'al-Qaïda, la famille se rend à Londres où elle obtient l'asile politique. "Nous étions surveillés. Nous avons été interrogés à plusieurs reprises par les Britanniques", témoigne son fils Abdallah. Quand les Américains ont accusé Abou Anas al-Libi d'implication dans la préparation des attentats de 1998 contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya, il a fui avec sa famille la Grande-Bretagne vers l'Afghanistan via l'Iran, précise Abdallah. Après l'offensive américaine contre les talibans en Afghanistan en 2001, la famille fuit vers le Pakistan puis vers l'Iran où ils ont été détenus durant près de sept ans dans des "prisons secrètes" pour "entrée illégale dans le pays", a-t-il poursuivi.

Libérés en 2010, la famille rentre à Tripoli dans le cadre d'une initiative de Seif al-Islam, fils du dictateur déchu capturé par les rebelles et tué en octobre 2011. Leur père les rejoint en Libye en 2011 après le début de la révolte libyenne, raconte-t-il devant la maison familiale où son père a été capturé, dans le quartier résidentiel de Nofleine, à 5 km du centre de la capitale.

Identifiable par une cicatrice au visage

Selon son frère Nabih, Abou Anas "revendique" son appartenance à Al-Qaïda. Il était aussi "proche" du Groupe islamique de combat libyen (Gicl). En septembre 2012, la chaîne américaine CNN citant une source proche des renseignements américains, avait rapporté qu'Abou Anas avait été aperçu à Tripoli. Ali Soufan, un ancien enquêteur du FBI, affirme dans un livre qu'Abou Anas était "identifiable par une cicatrice sur le côté gauche de son visage". "Hormis ses compétences en informatique, il est devenu aussi l'un des membres les plus efficaces et opérationnels du groupe terroriste, et a formé d'autres membres". Il a aussi travaillé avec Al-Qaïda à Nairobi depuis 1993-1994, aux côtés d'autres membres. Le groupe y était alors chargé de surveiller des cibles potentielles occidentales et israéliennes, avant de conclure que "la meilleure option était d'attaquer l'ambassade américaine à Nairobi", a ajouté Soufan.

Le 7 août 1998, un attentat à la voiture piégée devant l'ambassade des Etats-Unis à Nairobi a fait 213 morts et quelque 5.000 blessés. Quasi-simultanément, l'explosion d'un camion-citerne piégé devant l'ambassade des Etats-Unis en Tanzanie a fait 11 morts et plus de 70 blessés. Al-Qaïda a revendiqué les deux attentats.

 

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