Qui est qui au Liban?

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Publié le 26 novembre 2006.

Les personnages clés de la scène politique libanaise

Rafic Hariri – Le Courant du Futur
Assassiné le 14 février 2005, ce milliardaire sunnite restera comme l’architecte de la reconstruction économique du Liban. Premier ministre de gouvernement acquis à Damas, de 1992 à 1998 puis de 2000 à 2004, il est passé dans l’opposition sur le tard, en octobre 2004. Excédé par les exigences financières de la Syrie, il aurait poussé son ami le président français Jacques Chirac à faire adopter, en août 2004, la résolution 1559 des Nations unies, qui stipule notamment le retrait des troupes syriennes et le désarmement des milices dont le parti chiite Hezbollah.

Saad Hariri – Le Courant du Futur
Fils cadet de Rafic Hariri c’est lui qui a été choisi pour prendre la relève de son père au sein de son parti, le Courant du Futur. Moqué par les Libanais pour ses piètres talents d’orateur, critiqué pour ses absences (il vit en Arabie Saoudite) il a tout de même réussi, jusqu’à présent, à maintenir l’alliance que son père avait passé avec Samir Geagea et Walid Joumblatt, le chefs des Forces Libanaises et le député et leader druze, au sein du mouvement dit du 14 mars.

Amine Gemayel – Kataeb
Fils du fondateur du parti Kataeb (extrême-droite chrétienne), Pierre Gemayel, il a présidé le pays de 1982, à la mort de son frère Béchir Gemayel dans un attentat quelques semaines à peine après son accession à la présidence, à 1988. Lorsqu’il termine son mandat, le pays est à feu et à sang, le Général Michel Aoun venant en effet de se lancer dans une « guerre de libération nationale contre l’occupant syrien ». Sommé de quitter le pays en 1992, il ne reviendra s’établir au Liban qu’en 2000.

Walid Joumblatt – Parti Socialiste Progressiste (PSP)
Longtemps prosyrien, Walid Joumblatt a rejoint l’opposition au moment de la reconduction, imposée par Damas, du mandat du Président prosyrien Emile Lahoud, en septembre 2004. Depuis, avec son franc-parler habituel, il multiplie les attaques à l’adresse du Président syrien Bachar El Assad, qualifié de « malade mental » en mars dernier, ou du Président libanais Emile Lahoud. Menacé, il vit, depuis l’attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri, reclus dans son fief de la montagne druze, une branche de l’Islam chiite minoritaire mais hyper soudée.

Samir Geagea – Forces Libanaises
Visage émacié, regard sombre, Samir Geagea est sorti de prison en juillet 2005, après onze ans de détention. Son crime ? Avoir refusé de faire allégeance à Damas, à la fin de la guerre libanaise, en 1991. Chef de guerre impitoyable, on lui attribue de nombreux massacres. A la fin de la guerre, de 1975 à 1990, il s’est notamment violemment opposé au général Michel Aoun, avec qui il entretient toujours des relations houleuses.

Emile Lahoud – Le Président
Chrétien maronite, il est à la tête du pays depuis 1998. La Constitution, qui ne prévoit pas normalement de reconduire le mandat présidentiel de six ans, a été modifiée à son intention, en septembre 2004, à l’initiative de Damas. Initiative qui a provoqué un véritable tollé au sein de la classe politique libanaise. Depuis l’attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri le 14 février 2005, il est relativement marginalisé, les puissances occidentales ne le reconnaissant pas comme le Président officiel du pays. Régulièrement conspué dans les manifestations, il continue cependant de s’accrocher à son poste, comptant sur ses alliés prosyriens, Hassan Nasrallah et Michel Aoun pour le maintenir au pouvoir.

Michel Aoun – Courant patriotique Libre
Le général chrétien a fait un retour spectaculaire en mai 2005, après quinze ans d’exil. Véritable champion de la résistance à l’occupation syrienne, adversaire convaincu de toutes formes de corruption, il a fait un tabac lors des élections de 2005. Il a alors remporté les deux tiers du vote chrétien. Mais, ostracisé par l’alliance dite du 14 mars, il s’est rapproché du Hezbollah chiite prosyrien. Depuis l’assassinat du Ministre de l’Industrie, Pierre Gemayel, il est régulièrement vilipendé par les manifestants.

Hassan Nasrallah – Hezbollah
Il est à la tête du parti chiite depuis 1992 et la mort du cheikh Abbas Moussaoui. Autorité politique et religieuse, il s’est imposé cet été comme une figure de la résistance des peuples arabes face à l’état hébreu. Dans la foulée de l'offensive israélienne, le parti chiite réclame depuis des semaines, pour lui et pour son allié chrétien, le général Michel Aoun, une participation élargie au sein du gouvernement par le biais d'une minorité de blocage.

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