Pascal Canfin, ministre délégué au Développement, présente le site Internet dédié à la transparence de l’aide française au Mali lancé le 18 septembre 2013 par le ministère des Affaires Etrangères.
Pascal Canfin, ministre délégué au Développement, présente le site Internet dédié à la transparence de l’aide française au Mali lancé le 18 septembre 2013 par le ministère des Affaires Etrangères. - A.GELEBART / 20 Minutes

Bérénice Dubuc

Qu’attendez-vous de ce site?

Il y a deux objectifs que nous visons avec ce site. Le premier, c’est la transparence. Nous voulons garantir la transparence de l’aide française, due aux contribuables français et aux citoyen(ne)s maliens, à qui nous disons: «Nous nous sommes engagés sur 280 millions d’euros d’aide sur les deux prochaines années. Voilà ce que nous allons faire avec.»

Ce site n’est pas une base de données pour des ultra-spécialistes. Il est accessible au grand public et va permettre aux populations concernées de mieux s’approprier les projets mis en œuvre, et ainsi de rendre l’aide française plus efficace. Pour moi, la transparence est d’abord une valeur, mais c’est surtout une condition de l’efficacité de l’action.

Et la transparence des flux financiers permet aussi de lutter contre la corruption…

Oui, c’est notre second objectif. La lutte contre la corruption est l’une des priorités du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta. C’est aussi un symbole de la rénovation de la politique française, qui fait de la transparence une de ses valeurs-clés. C'est pourquoi le site organise un suivi citoyen de l'aide: chacun pourra, s'il constate une anomalie sur les projets financés, nous alerter par mail ou par SMS. Dès jeudi, nous rencontrerons les ministres maliens, et notamment le ministre de l’Economie et des Finances, pour définir comment le Mali peut devenir officiellement partenaire de cette opération.

Prévoyez-vous d’adapter ce site à d’autres pays bénéficiant de l’aide française?

Le gouvernement innove, puisque ce site est une première. Nous allons déjà tester le tester au Mali pendant quelques mois pour voir s’il répond bien à la demande et s’il est efficace par rapport aux objectifs que l’on s’est fixés. Ensuite, si cela fonctionne, nous pourrons l’étendre à d’autres pays.

Aujourd’hui, c’est une initiative qui ne porte que sur l’aide française. Je souhaite que le Mali en devienne partenaire, et ensuite que cela soit étendu -à l’Union européenne, à la Banque mondiale, à l’ensemble des bailleurs- pour qu’il y ait une transparence sur l’ensemble des 3,2 milliards levés en mai à la conférence de Bruxelles par les pays et institutions internationales.