Michel Lelièvre, l'un des complices de Marc Dutroux, lors de son procès à Arlon, en Belgique, le 2 mars 2004.
Michel Lelièvre, l'un des complices de Marc Dutroux, lors de son procès à Arlon, en Belgique, le 2 mars 2004. - POLLET/SIPA

Bérénice Dubuc

Le plan de réinsertion de Michel Lelièvre, premier pas vers une libération conditionnelle, va-t-il être approuvé par le tribunal de l’application des peines (TAP) de Bruxelles, en Belgique? Ce lundi, l’ancien complice du meurtrier pédophile Marc Dutroux, condamné en juin 2004 à 25 ans de prison pour enlèvement et séquestration d’enfants, doit comparaître devant le TAP pour faire le point sur sa demande de «détention limitée».

Celui qui était considéré comme «l'homme à tout faire» de Dutroux souhaite en effet suivre une formation pendant la journée et rentrer en prison le soir et le week-end. En juin, la justice belge lui avait accordé cinq permissions de «sorties pénitentiaires» pour préparer sa réinsertion. Elles avaient par la suite été réduites à trois, après que le programme de formation socioprofessionnelle ASBL Avanti a renoncé, sous la pression médiatique, à accueillir Michel Lelièvre pour préparer une formation en menuiserie.

Marginal toxicomane

Un désistement qui risque de plomber le plan de réinsertion que l’homme devait présenter devant le TAP. D’autant plus que, lors de sa première sortie, Michel Lelièvre a consommé une bière. L'alcool faisant partie des interdictions imposées par le TAP de Bruxelles, l’instance évaluera ce lundi après-midi cette infraction aux conditions de sortie.

Michel Lelièvre, aujourd'hui âgé de 42 ans, a été arrêté en 1996 en même temps que Marc Dutroux et Michelle Martin. Il a été condamné à une peine de 25 ans de réclusion pour sa participation à l'enlèvement et à la séquestration de deux adolescentes tuées par Dutroux et de deux autres libérées par la police du «cachot» aménagé par le meurtrier pédophile dans sa cave à Charleroi. Ce marginal tombé dans la toxicomanie après une enfance difficile -il a été placé en famille d'accueil alors qu'il avait à peine onze mois et jusqu’à sa majorité- rencontre Marc Dutroux en 1995.

Personnalité antisociale

Personnalité antisociale selon les psychiatres qui l'ont examiné, il ne connaît pas la culpabilité, et les remords qu’il peut éprouver sont uniquement centrés sur sa propre situation. Michel Lelièvre a ainsi reconnu les enlèvements qui lui sont reprochés, mais affirme que Marc Dutroux l’aurait contraint, par la menace, car il avait une dette envers lui.

En comptant la détention préventive, il a purgé près de 17 ans de prison. Admissible à la libération conditionnelle depuis 2006, le TAP de Bruxelles la lui a déjà refusée à huit reprises. Sa prochaine comparution devant le TAP pour demander une libération conditionnelle est fixée au 15 juin 2014. Il sera définitivement libre le 10 juin 2023.