De nombreuses voix se sont élevées ce jeudi pour réclamer que les experts de l'ONU présents en Syrie vérifient sur place les accusations de l'opposition sur l'utilisation présumée d'armes chimiques la veille près de Damas par le régime.

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Les Etats-Unis ont dit ne pas être en mesure «pour l'instant» de dire avec certitude si des armes chimiques ont été utilisées mercredi alors que la France a évoqué un «usage probable» de ces armes. Un haut responsable de la sécurité à Damas a de nouveau démenti les accusations de l'opposition en déclarant à l'AFP qu'utiliser ces armes le premier jour de travail des experts de l'ONU en Syrie aurait été «un suicide politique».

Ce qui est sûr, c'est qu'une offensive a eu lieu mercredi dans la Ghouta orientale et à Mouadamiyat al-Cham, des secteurs de la banlieue sud-ouest de Damas aux mains des rebelles et qu'elle a fait un grand nombre de victimes, même si le bilan reste imprécis. L'opposition a fait état de plus de 1.300 morts, mais l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui s'appuie sur un large réseau de militants et médecins, a comptabilisé 170 morts et n'a pu confirmer l'utilisation d'armes chimiques. Cette ONG a fait état de nouveaux bombardements de l'armée jeudi sur la même région.

Demande formelle de l'ONU de pouvoir enquêter sur place

L'ONU a demandé formellement jeudi au gouvernement syrien d'autoriser les experts à enquêter sur place et «espère recevoir rapidement une réponse positive». Le secrétaire général Ban Ki-moon a aussi décidé d'envoyer à Damas sa Haute représentante pour le désarmement, Angela Kane.

Lors d'une réunion urgente mercredi soir, le Conseil de sécurité a dit vouloir «faire la lumière sur ce qui s'est passé». Cette instance est toujours divisée sur le conflit qui a fait depuis mars 2011 plus de 100.000 morts, poussé à la fuite des millions de Syriens et dévasté le pays.

«A ce moment précis, nous sommes incapables de déterminer de manière définitive que des armes chimiques ont été utilisées», a déclaré jeudi la porte-parole de la diplomatie américaine Jennifer Psaki. Si les Etats-Unis concluaient que le régime syrien avait eu effectivement recours à ce type d'armes, ce serait alors «une escalade flagrante», a-t-elle encore dit. Cependant, le plus haut gradé américain, Martin Dempsey, a estimé qu'une intervention militaire américaine en Syrie ne déboucherait pas sur une situation favorable aux États-Unis, les rebelles selon lui ne soutenant pas les intérêts de Washington.

Le France pour une «réaction de force» en Syrie

Le président français François Hollande a évoqué «l'usage probable d'armes chimiques» dans un entretien téléphonique avec Ban Ki-moon, selon l'Elysée. Et son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a plaidé pour une «réaction de force» en Syrie.

La Russie et l'Iran, qui soutiennent le régime du président Bachar al-Assad, ont de nouveau pris la défense de leur allié. Pour Moscou, il s'agit d'une «provocation» montée par l'opposition. «Si l'information concernant l'utilisation d'armes chimiques est exacte, très certainement elles ont été utilisées par les groupes terroristes», a dit le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif à son homologue turc Ahmet Davutoglu, qui a réclamé une intervention de la communauté internationale.

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