Edward Snowden quitte l'aéroport de Moscou, le 1er août 2013.
Edward Snowden quitte l'aéroport de Moscou, le 1er août 2013. - LIFENEWS.RU

Héros pour les uns, traître pour les autres, Edward Snowden a réussi à échapper à l'extradition vers les Etats-Unis. Jeudi, celui qui a révélé l'ampleur du programme de surveillance de la NSA a quitté l'aéroport de Moscou le sourire aux lèvres et va rester en Russie, où il a obtenu l'asile politique pour un an.

Où va-t-il rester?

L'endroit est tenu secret. Son avocat russe a expliqué qu'il avait déjà trouvé une maison: celle d'un couple d'expatriés américains. Selon Anatoly Kucherena, Snowden est «fatigué» mais est «heureux». Il veut «construire une nouvelle vie» en Russie même si «sa copine américaine lui manque».

Que va-t-il faire?

Travailler. Malgré son confortable salaire de consultant, Edward Snowden «n'est pas riche», selon son avocat. Il a dû puiser dans ses économies lors de ses 10 semaines d'exil à Hong Kong puis à Moscou. «C'est un expert de haut niveau, il n'aura pas de problème à trouver un job. J'ai déjà reçu de nombreuses lettres d'entreprises et d'individus qui veulent l'employer», assure son représentant. Parmi les offres d'embauche, une du patron du «Facebook russe», Vkontakte, qui l'invite à rejoindre son «équipe d'informaticiens stars».

Y aura-t-il d'autres fuites?

Oui et non. Pour obtenir l'asile politique, Snowden a promis d'arrêter de jouer les «whistleblower» («lanceur d'alerte, en VF) et de ne «plus causer de tort aux Etats-Unis». Mais il a déjà transmis des milliers de documents au Guardian et à WikiLeaks, et tous n'ont pas été publiés. Après PRISM, le quotidien britannique a révélé, la semaine dernière, l'existence d'un autre programme de surveillance, XKeyscore, qui permettrait à la NSA d'espionner les activités Web d'un individu sans mandat d'un juge.

Quel avenir pour le programme de surveillance de la NSA?

Aux Etats-Unis, l'indignation sur les entorses de PRISM avec la vie privée semble déjà retomber dans l'opinion. Sur le plan politique, la plupart des élus soutiennent Barack Obama dans sa lutte contre le terrorisme. Les deux principales voix dissonantes sont les sénateurs Al Franken (démocrate) et Rand Paul (républicain), qui ont promis de présenter un projet de loi pour forcer la NSA à clarifier ses pratiques sur la surveillance de citoyens américains. Si Paul décide de se lancer dans la course à la présidence, il ne devrait pas lâcher le morceau.

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