"Les murs symbolisent une forme d’impuissance politique"

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Publié le 23 octobre 2006.

Interview d’Olivier Galy-Nadal, réalisateur du documentaire « Les murs dans l’Histoire »

Interview d’Olivier Galy-Nadal, réalisateur du documentaire « Les murs dans l’Histoire », qui avait été diffusé sur France 5 le 21 octobre 2005.

Pourquoi avoir choisi de traiter ce sujet ?

A l’époque, le mur israélien était en cours de construction, devenant très vite un symbole d’apartheid entre Israéliens et Palestiniens. Nous avons voulu revenir sur les autres murs qui ont jalonné l’Histoire pour essayer de comprendre dans quel contexte ils ont émergé. Nous nous sommes aperçus qu’il existait différents types de murs : les grands murs d’Empire (le mur d’Aurélien encerclant Rome, la grande muraille de Chine), des murs politiques (mur de Berlin) ou des murs économiques (frontière américano-mexicaine).

Quel est le rôle de ces murs ?

Chaque cas est unique et a émergé dans un contexte propre. Néanmoins, dans tous les cas, les murs sont le fait des grandes puissances et résultent d’une volonté de protection. Nous avons également relevé une ambivalence : d’un côté, ces murs sont une démonstration de puissance, une façon de séparer clairement un monde « civilisé » d’un autre perçu comme « barbare » ; de l’autre, ils sont aussi un aveu d’impuissance. Tous les murs se sont en effet révélés franchissables.

Que vous inspire la démarche de l’Arabie Saoudite qui souhaite construire une barrière sur sa frontière commune avec l’Irak ?

J’ai l’impression qu’il y a une démultiplication des murs depuis la Seconde Guerre mondiale. Cela m’inspire une forme d’impuissance politique : on ne sait plus comment résoudre les problèmes, le mur apparaît dès lors comme une base de discussion qui délimite clairement le territoire de chacun. Peut-être est-ce une réaction à la globalisation du monde, ce monde de plus en plus ouvert qui gomme la perception des frontières. Au final, la réalisation de ce documentaire m’a enseigné que les murs renvoient à quelque chose de très fort et de très violent en nous. Ils véhiculent un fantasme de fermeture et font ressurgir la crainte de l’apartheid. J’ai à l’esprit l’image de ces berlinois dont l’horizon se bouchait progressivement avec la construction du mur. Enfin, ces murs n’ont jamais prouvé leur efficacité.

Recueilli par Sandrine Cochard



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