Le président israélien Moshé Katzav, pris dans la tourmente d'un scandale sexuel qui pourrait lui coûter son poste, est le premier homme politique de droite à avoir accédé à la présidence de l'Etat d'Israël après une discrète carrière politique.
Politicien chevronné du parti Likoud (droite, opposition), M. Katzav, 61 ans, avait été élu président en 2000 par les députés israéliens qui l'ont préféré, à la surprise générale, à Shimon Peres, le vétéran de la classe politique.
Le chef de l'Etat est soupçonné d'avoir abusé de son autorité et contraint des employées de la présidence à entretenir avec lui des relations sexuelles, les menaçant de les licencier si elles repoussaient ses avances.
La police a annoncé dimanche avoir assez de preuves pour l'inculper de viol, harcèlement sexuel et écoutes illicites.
M. Katzav est le premier homme de droite à occuper les fonctions, largement protocolaires, de président pour un mandat de sept ans indéfiniment renouvelable.
Il avait auparavant mené pendant 23 ans une carrière politique sans éclat, obtenant notamment les portefeuilles des Transports et du Tourisme.
Signe de son rang au sein du Likoud, il a aussi exercé la fonction honorifique de vice-Premier ministre, sans pouvoir briguer la direction du parti.
Né en Iran en 1945 dans une famille de huit enfants, il est arrivé en Israël peu après la création de l'Etat hébreu en 1948, vivant dans l'un des camps de toile alors réservés aux nouveaux immigrants à Kiryat Malachi, au sud de Tel-Aviv.
Il s'est ensuite installé à Tel-Aviv avec son épouse Gila et leurs cinq enfants.
En 1969, il avait été élu à 24 ans maire de Kiryat Malachi, devenant le plus jeune maire d'Israël.
Diplômé d'histoire et d'économie, Katzav a fait son entrée à la Knesset (parlement) en 1977 et s'est donné une image de modéré par son ton mesuré et son pragmatisme.
Se présentant comme un juif pratiquant et respectueux de la tradition, il s'est toujours posé en défenseur des causes sociales et des laissés pour compte de la prospérité, en majorité des juifs orientaux.
Moshé Katzav s'est opposé aux accords d'Oslo conclus avec l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1993, avant d'être une des premières figures de la droite à les considérer comme un fait accompli.
Se démarquant ces dernières années de la ligne dure de la droite, il s'est dit à plusieurs reprises favorable au dialogue en vue d'un règlement du conflit israélo-palestinien.
En février 2002, il avait ainsi invité le prince héritier saoudien Abdallah à venir à Jérusalem, pour y présenter une initiative de paix arabe, et s'était lui-même déclaré prêt à aller le rencontrer à Ryad, s'il y était invité. Cette initiative n'a pas eu de suite.
Dans un geste spectaculaire, en marge des obsèques du pape Jean Paul II au Vatican en avril 2005, il avait échangé quelques mots en persan avec le président iranien d'alors Mohammad Khatami, et serré la main à deux reprises au président syrien Bachar al-Assad.
Ces deux prises de contact, à ce niveau, constituaient un précédent dans l'histoire des relations entre Israël, la Syrie et la République islamique d'Iran, deux "ennemis" de l'Etat juif.
A son retour en Israël, M. Katzav avait toutefois tenu à réduire la portée de son geste.