Une journée internationale du bonheur pour quoi faire?

BONHEUR La première édition a lieu à travers le monde ce mercredi, à l'initiative des Nations Unies...

Mathieu Gruel

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Une certaine idée du bonheur... dans un hamac

Une certaine idée du bonheur... dans un hamac — OJO Images/Rex Featur/REX/SIPA

Bon, c'est quand le bonheur? Ne cherchez plus, a priori, c'est pour aujourd'hui. Et pas la peine de rechigner à  la tâche. En ce mercredi 20 mars: bonheur pour tout le monde! C'est Ban Ki-Moon, secrétaire national des Nations-Unies, qui l’a décrété. Dans sa résolution 66/281 du 12 juillet 2012, l'organisation entend ainsi reconnaître que «le bonheur et le bien-être sont non seulement des aspirations universelles mais qu’ils devraient être pris en compte dans les objectifs politiques».

>> Pour atteindre le bonheur, «il faut voir le positif», c'est à lire par ici

Soit. Le dire c'est bien, mais le faire c'est mieux. L'ONU a donc invité les États Membres, les organisations internationales et régionales, ainsi que la société civile et le grand public à célébrer la Journée internationale du bonheur «en organisant des activités éducatives et des campagnes de sensibilisation». Sauf que, renseignement pris par 20 Minutes auprès du siège parisien de l'Unesco rien ne serait, à leur connaissance, prévu en France. En tout cas au niveau de l’Unesco. Car la journée serait en fait pilotée depuis New-York.

«French paradox»

Outre Atlantique, un site Internet a d’ailleurs été lancé. Il recense en effet les opérations et donne quelques tuyaux pour essayer d’atteindre le bonheur. Mais pas grand chose à se mettre sous la dent en France. Car les événements listés se déroulent pour la plupart au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Privés de bonheur les Français?

Il faut dire que les ressortissants de l'hexagone ne brillent pas par leur optimisme. Il y a un peu plus de deux ans, un sondage BVA-Gallup international indiquait en effet les Français étaient déclarés champions du monde du pessimisme sur leur situation économique future, éclipsant les habitants de pays en guerre comme l'Afghanistan.

Une autre enquête, Harris Interactive pour LCP, publiée en janvier, indiquait quant à elle que les actifs sont 60% à penser que leur vie est pire que celle de leurs parents. Une troisième, Ipsos, publiée par Le Monde en janvier, montrait que 61% des Français voyaient la mondialisation comme une menace et 90% constataient le déclin de la puissance économique de leur pays. Rien de très réjouissant, même si en 2011 selon l’Insee, les Français se disaient pourtant satisfaits de leur vie. Certainement un autre aspect du «French paradox».

Indice du « Bonheur national brut »

Cela montre quand même que, niveau bonheur, la France a du chemin à faire. Et devrait s’inspirer du Bouthan, un pays qui reconnaît la suprématie du bonheur national sur le revenu national depuis le début des années 1970, et qui a adopté l'indice du «Bonheur national brut (BNB)». Un chiffre qui serait plus complet et représentatif du niveau de vie réel que le Produit national brut (PNB).

Pas étonnant, dans ces circonstances, que cette première journée mondiale du bonheur n'ait eu qu’un écho relatif en France. Mais après tout, pourquoi se limiter à une seule journée de bonheur par an. C'est décidé, demain, c'est aussi la journée du bonheur.

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