Avec Reuters

Le gouvernement égyptien a approuvé ce mercredi un projet de loi qui autorisera le Trésor à émettre des obligations islamiques, mesure dont il espère qu'elle permettra à l'Egypte de réduire son déficit budgétaire et reconstituer ses réserves de change. Le projet de loi élaboré par le gouvernement dominé par les islamistes autorise également le secteur privé à recourir à ces obligations, appelées «soukouk», compatibles avec les principes du Coran qui interdit l'usure.

La loi doit être votée par la chambre haute du parlement - la chambre basse a été dissoute - avant d'être ratifiée par le président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans. Un premier projet avait été revu par les théologiens islamiques. L'émission de soukouk pourrait alléger la pression qui pèse sur les finances publiques égyptiennes à l'approche des élections législatives, programmées à partir de fin avril.

Les réserves de change du pays sont tombées à 13,6 milliards de dollars - l'équivalent de moins de trois mois d'importations - et le déficit budgétaire devrait atteindre 12,3% du produit intérieur brut (PIB) fin juin si aucune réforme économique n'est menée d'ici là. Or, le gouvernement rechigne à adopter des mesures de rigueur impopulaires pendant la période électorale, ce qui retarde d'autant un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) sur l'octroi d'un prêt de 4,8 milliards de dollars.