L'ancien archevêque sud-africain Desmond Tutu s'est entretenu à Rangoun mardi avec la dirigeante de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi, elle aussi prix Nobel de la paix, exprimant sa foi en l'émergence d'une Birmanie "véritablement libre".
L'ancien archevêque sud-africain Desmond Tutu s'est entretenu à Rangoun mardi avec la dirigeante de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi, elle aussi prix Nobel de la paix, exprimant sa foi en l'émergence d'une Birmanie "véritablement libre". - Soe Than Win AFP

avec AFP

L'ancien archevêque sud-africain Desmond Tutu s'est entretenu à Rangoun mardi avec la dirigeante de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi, elle aussi prix Nobel de la paix, exprimant sa foi en l'émergence d'une Birmanie «véritablement libre». Desmond Tutu, ardent militant pour l'abolition du régime ségrégationniste de l'apartheid en Afrique du Sud, a rencontré Suu Kyi au domicile où elle a été maintenue en résidence surveillée pendant 15 ans.

«Il est merveilleux d'être ici. Nous sommes impatients de voir votre pays véritablement libre», a-t-il déclaré aux journalistes. «Le potentiel de ce pays est immense, et nous voulons voir ce potentiel réalisé pleinement», a-t-il ajouté, en appelant à la fin du conflit dans l'extrême-nord du pays entre l'armée et la rébellion ethnique kachin. Le prélat anglican était arrivé lundi après-midi à Rangoun, a indiqué à l'AFP une source officielle birmane. Il n'a pas prévu de rencontre avec des responsables gouvernementaux.

«Nelson Mandela de Birmanie»

Mgr Tutu n'a jamais faibli dans son soutien à la «Dame» de Rangoun. «Je vous aime», avait même crié l'archevêque à son interlocutrice via vidéoconférence depuis New York, en septembre 2011, témoignant de son admiration et évoquant la «beauté» de l'activiste. «Je dois vous renvoyer le compliment et dire: "je vous aime"», avait répondu Suu Kyi, très avare de débordements en tous genres. Des années auparavant, Desmond Tutu avait publiquement soutenu Suu Kyi, appelant à sa libération et la qualifiant de «Nelson Mandela de Birmanie».

La junte birmane a cédé la place en mars 2011 à d'anciens militaires réformateurs qui ont depuis multiplié les réformes, libéré des centaines de prisonniers politiques et permis à Suu Kyi de devenir députée. Lors de sa visite, le prélat a rencontré certains de ces prisonniers. «Il nous a demandé ce qu'on pensait du processus de réformes en Birmanie» a expliqué à l'AFP l'ancien détenu Toe Kyaw Hlaing. «Il nous a aussi demandé de transmettre son respect aux prisonniers politiques qui n'étaient pas là aujourd'hui, et à ceux qui sont toujours détenus».

L'ambassade américaine à Rangoun a indiqué que Mgr Tutu prononcerait un discours devant le Centre américain mercredi. Il doit quitter le pays pour l'Inde le 1er mars par bateau. Il avait obtenu le Nobel en 1984, sept ans avant Suu Kyi. Cette dernière n'a cependant pu prononcer son discours de récipiendaire du prix que l'an passé, lors de son premier voyage en Europe depuis 1988. Auparavant, elle avait renoncé à quitter la Birmanie de peur que la junte ne la laisse pas rentrer chez elle et la condamne à l'exil.