Capture de la vidéo Harlem Shake, enregistrée par des lycéens tunisiens, le  23 février 2013
Capture de la vidéo Harlem Shake, enregistrée par des lycéens tunisiens, le  23 février 2013 - Capture vidéo/Youtube

M.Gr.

Le Harlem Shake ne fait pas l'unanimité. Surtout pas en Tunisie, où une vidéo de cette danse, réalisée le samedi 23 février par des lycéens de l'établissement des Pères Blancs, à Tunis, nourrit les affrontements entre partisans et opposants au gouvernement, rapporte France 24.

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La vidéo ressemble pourtant aux centaines d'autres visibles sur le Net. Elle commence par quelques pas de danse sur l'air du «Gangnam Style», avant de bifurquer vers un Harlem Shake foutraque, comme il est de rigueur dans pareille production vidéo.

Sauf que la réalisation des élèves, une fois partagée sur Facebook, est allée au-delà de la simple blague potache. Un utilisateur du réseau social, supposé proche du parti islamiste Ennahda, actuellement au pouvoir en Tunisie, a partagé le lien en promettant de porter l'affaire auprès du ministre de l'Education nationale, afin que des sanctions soient prises contre les responsables de l'établissement scolaire.

Une enquête, menée par l'inspection générale du ministère, a donc été ordonnée lundi par le ministère de l'Education. Pour le ministre, qui promet des sanctions contre les responsables de l'établissement, cette vidéo véhicule un message qui est en contradiction avec la mission éducative du lycée.

Contacté par France 24, le porte-parole de l’inspection générale a indiqué que l’ouverture d’une enquête était une «procédure de routine». Le motif de cette enquête serait que la vidéo pourrait être «indécente» car des élèves y dansent en sous-vêtements.

Sauf que cette décision a eu pour effet d'entraîner une déferlante de vidéos Harlem Shake, publiées depuis sur la Toile pour contester la décision du ministère de l’Education.

 D'après Le Figaro, un nouveau Harlem Shake devant le ministère de l'Education devrait même être organisé le 1er mars, en soutien aux étudiants menacés. Plus de 4.000 personnes pourraient se rassembler à cette occasion.

 Et le mouvement s’étend même au-delà des frontières tunisiennes, puisqu'en Egypte, un Harlem Shake a été filmé devant les pyramides. Au Caire, quatre étudiants, qui s'étaient filmés dansant en sous-vêtements en public, ont été arrêtés, rapporte L'Express